Un amateur donne son avis en ligne sur ce qui le passionne!
poursuit les aventures de Gunther le privé de Kerr que j'avais découvert dans la Trilogie Berlinoise, puis dans La mort entre autres. On m'annonce d'ailleurs qu'un autre volet est prévu. C'est une trilogie à la Lucas à mi-chemin entre Star Wars et Indiana Jones. Une trilogie en cinq actes. C'est con pour la trilogie, mais je ne m'en plains pas, j'aime bien Bernie. Celui-ci débarque dans l'Argentine de Peròn avec tellement de nazis sous de fausses identité qu'on se demande si la langue officielle du pays n'est pas l'allemand. Entre Eichmann, Mengele, Skorzeny et consorts, le Reich peut bien encore durer mille ans.
Gunther, grâce aux bons soins de l'église est désormais médecin, ses papiers l'attestent. Il est vieux, fatigué et malade, mais notre détective n'est pourtant pas plus près d'être en retraite que de se mettre au canevas ou aux maquettes en allumettes. On le charge de mener l'enquète dans la communauté nazie. Des jeunes filles meurent ou disparaissent, et l'affaire a des relents de déja-vu pour notre limier germain. Alternant le récit de son investigation dans le Berlin d'avant-guerre et l'Argentine des années cinquante, Gunther tombe forcément dans un imbroglio de complots et de crimes. Un magot nazi, des banquiers suisses, la fille d'Eva Peròn, la police secrète, et de bien sinistres directives gouvernementales à propos desquelles il est fort malvenu de poser des questions... Bernie devra naviguer entre passé et présent, entre hauts-fonds et bas-quartiers, cloaques ou villas, pour garder son cap, ou simplement la vie. Clubs de tango, disparitions d'enfants, l'air n'est pas exactement le même, mais le privé connait la chanson. Le couplet final lui coupera la chique pourtant.
L'ambiance est toujours rétro, ça me plait. Costumes et feutres, cadillacs et cigares. Ces clubs aux boiseries sombres sous des lustres illuminés où les femmes ont les jambes gainées de soie et les lèvres rouges. Les hommes portent évidemment cravates et vestons. Sans pour autant que cela nuise aux propos de l'auteur ou à ses sources historiques. L'ensemble est bien sûr plus que littéraire, mais en filligrane le questionnement reste pertinent. Le fascisme n'est-il pas une gangrène, de Santiago jusqu'à Paris? Et si en présence du Fürher ses admirateurs sentaient brûler comme une douce flamme, n'oublions pas qu'il n'y a pas de fumée sans feu, et que la mémoire est un devoir.