Un amateur donne son avis en ligne sur ce qui le passionne!
est une enquête de Jack Taylor. Disponible dans un format idéal pour le transport, ce qui m'allait très bien car je partais vers une contrée impie où le soleil est un affront permanent à la sensibilité bretonne. J'ai pensé que prendre dans sa musette un Taylor, c'est avoir toujours à portée de main un arrière-goût du pays.
Jack écrase sec. Le temps à Galway est pourri, la culpabilité le ronge, et si la lecture ne le sauve pas de la folie, la drogue et les bars lui donnent un coup de pouce. Il doit cependant un service au caïd Bill Cassel, vestige de son précédent boulot. On le somme de retrouver une religieuse du tristement célèbre couvent donnant son titre au livre. Dans les années soixante la bonne société y parquait les filles-mères et autres jeunes filles que la morale écclésiastique réprouve, pour leur faire goûter aux joies de l'internement dans le but élevé de les laver à grandes eaux de leurs pêchés.
Un tueur descend des étudiants, un homo l'engage pour enquêter sur la mort de son père et plus particulièrement sur sa jolie belle-maman, que le veuvage rend d'autant plus sexy. Taylor loge dans un hôtel du vieux Galway. Entre deux cachets, le foot ou un épisode de Buffy contre les vampires, le travail d'investigation prend une tournure pour le moins particulière.
Le caïd est cancéreux en phase terminale, et ses nervis peu courtois. La jolie veuve fricote, le couvent et les étudiants sont-ils liés? La drogue, la colère, les cartes se brouillent. Le privé craque aux entournures. Il est menacé d'un procès, sa mère est malade... Il tourne en rond, la psychose au bord des yeux, dans ce polar désespéré qui n'est finalement qu'un prétexte aux errements de ce personnage féroce mais attachant.
Lorsque je lis du Taylor, c'est l'immersion totale. Jack partage ses lectures, ses alcools, sa folie ou ce qu'il regarde à la télé. Lire du Taylor c'est rentrer dans sa peau. Le voyage n'est pas de tout repos mais il vaut le détour.