Un amateur donne son avis en ligne sur ce qui le passionne!
de Crumley, s'est appellé un temps, chez 10/18, à sa sortie en 86, Le Chien ivre.
Et bien qu'étant très moyennement inspiré, par la plupart des titres à la française, racoleurs, ou plus simplement mauvais, je trouve pour le coup que celui-ci a du chien.
Le titre original étant The last good kiss, Le Dernier baiser a le mérite d'être fidèle.
Mais tout de même.
Le Chien ivre. Ca en jette, et ça tient bien la route.
Fireball Roberts est un bouledogue alcoolique, il carbure à la bière.
Chez Rosie, bar cradingue de Sonoma, où Sughrue le privé récupère Trehearne, l'écrivain ivrogne, pour le compte de son ex-femme.
Le clebs fait figure de mascotte, de client, et de videur psychopathe.
Sughrue apparaît ici pour la première fois.
Il est privé, frappé, et bosse à Meriwether dans le Montana.
Ca vous rappelle rien? Son ancien associé, est un privé alcoolo, ancien spécialiste du divorce. Une génération les sépare, l'un a fait la Corée, l'autre le Vietnâm, mais ils sont le revers d'une seule médaille. Ce qui les sépare, les rapproche peut-être.
Sans vouloir jouer les mystérieux.
Ces deux héros, timbrés, ivrognes et cabochards, sont des frères d'armes, vieux soldats usés par la guerre ou les guerres, la vie et sa laideur.
Auto-destructeurs, mais romantiques pourtant. Hantés par la femme, les femmes, le sexe, l'amour peut-être...
Sughrue rattrape son écrivain pour courir après un fantôme. Une fugueuse, disparue il y a dix ans, 87 dollars en poche, et un rêve en bandoulière.
Une photo à la main, son arsouille d'écrivain à la remorque, et les voilà partis aux quatre vents.
Plateaux pornos ou communautés hippies, souteneurs ou ex-boyfriends, notre fugueuse laisse derrière elle des coeurs brisés et des corps fiévreux.
Comme souvent, Crumley nous propose un road-movie sans réelle urgence narrative.
Errance, puis obsession.
Toujours la drogue, et encore la boisson, des paysages sauvages pour compagnons de route, et la dérive de nos héros comme seul fil conducteur.
Ainsi qu'il en va du travail d'un artisan à l'ancienne, le charpentier, s'il ne donne pas au bois sa forme, l'accompagne jusqu'au travail fini, alchimie délicate entre le vouloir, et le bois.
Il en est de même ici, qui de l'histoire ou du conteur dirige vraiment nos pas?
Je ne sais pas trop, mais de ce chemin, une chose demeure, cartes et boussoles ne serviront pas, seul le voyage aura du sens.
Pour les vadrouilleurs, les arsouilles, ou les "clochards célestes", voilà encore un trip à la sauce Crumley.
C'est pas nouveau, mais je trouve ça toujours bien.
Et pan.