Un amateur donne son avis en ligne sur ce qui le passionne!
Pas tant pour le quart d'heure américain que pour le quart d'heure nostalgie. Un genre de "souvenir, souvenir" littéraire, qui je l'espérais, ne sentirait pas trop le formol.
J'avais en tête Cayl Chessman et son épopée carcérale, ou, Qu'on lui jette la première pierre de Himes, puis la découverte des aventures de Cerceuil et Fossoyeur.
J'écoutais à l'époque religieusement, Hooker ou Jerry Lee, et cassette oblige, se repasser un morceau, prenait du temps.
Pour être sincère, je le fais toujours, et Last man standing de Lewis encore dans les oreilles, j'assume totalement.
Alors, il y a peu, je me suis dit comme ça, je prendrai bien du rab, et j'ai taxé un exemplaire défraichi de La Reine des pommes.
Pour le fun, quoi.
Et puis, la nostalgie n'étant plus ce qu'elle était, je me suis rendu à l'évidence, pieds et poings liés. Les lignes de tonton Chester, tenaient plus que le coup, et sans forcer. Malgré les années, malgré l'argot, l'histoire ou sa morale.
Et tout ce qui fatalement s'ensuit du bien triste postulat que voilà, si les années se suivent, et ne se ressemblent pas, elles nous enterrent tous.
Mais, les livres eux, demeurent, car les mots nous survivent.
Fossoyeur et Cerceuil les flics cinglés aux "38 specials" bien spéciaux, leur quartier et leur époque, pour qui veut s'en donner la peine, grouillent encore de vie.
Alors, bienvenue à Harlem.
Escrocs minables, combines pouilleuses, femmes fatales, alcools frelatés, immeubles et ruelles infâmes. Clodos miteux, et esclandres en tout genre, bouges et flingues, ce quartier noir offre, nombreuses attractions et dangers en tout genre.
Voyez-vous, Jackson qui bosse dans un salon funéraire, est une poire, ou une pomme, bref, un fruit pas bien vif. Pour épater sa douce, il tente un coup fumant.
Mais lorsqu'il se fait plumer, en honnète chrétien, il s'en remet au seigneur pour guider ses pas vers le salut. Vers son fric, sa femme et ses associés bien allumés, en louvoyant entre des flics costauds, et un frangin travesti.
Sur leur piste, entre les coups durs et les grosses gaffes, le lecteur se voit offrir une virée gratos et pittoresque dans la ville noire.
Je ne pensais pas vraiment savourer pleinement le trip. Juste me dorer l'oeil vaguement, en songeant au passage des ans et à ma puberté.
Tant pis pour moi, j'en suis marron, comme dirait l'autre, car la magie opère encore. N'attendant que le lecteur.
Montez donc dans le corbillard de Jackson, très chers frères et très chères soeurs, la place du mort n'attend que vous.