Un amateur donne son avis en ligne sur ce qui le passionne!
L'impatience me ronge, tel le ver un vieux meuble, car c'est désormais officiel, le dernier Lee Child, c'est pour bientôt, très bientôt, tellement bientôt que mon libraire va porter plainte pour harcèlement tant je fais le siège de son auguste commerce.
Mais que le temps semble long au lecteur affamé.
C'est compulsif le manque.
Il faut que je rassasie la faim qui est la mienne sans avoir vraiment de quoi me mettre sous la dent. D'où l'idée du casse-dalle, et du Lansdale. Le coupe-faim. Le casse-croûte, le sandwich, traditionnel jambon-beurre, mythique américain...
Et me voilà au volant d'une Lansdale 55 décapotable, le cheveu ras, mais au vent.
Des heures de vol au compteur, mais une suspension impeccable. Aussi confortable qu'un jean trop passé, ou qu'une paire de baskets aussi douces qu'éraflées.
J'entame encore Sur la ligne noire, pour une poignée de minutes, juste quelques-unes.
Mais j'aime profondément les sandwiches. Bouchée après bouchée, ligne après ligne, les pages se tournent.
Stanley a treize ans, son papa bosse au drive-in. Sa soeur porte des jupes à carreaux, les choux et les roses sont encore monnaie courante...
Nous sommes au Texas dans les fifties, et Stanley course le clebs à l'orée des bois, ou bien le clebs course Stanley, après tout, à treize ans... La ségrégation n'est pas un terme obsolète, et lorsque Stanley découvre une baraque en ruine et une vieille boîte en fer contenant de vieilles lettres d'amour, il ne se doute pas vraiment que la résolution de ce qu'il pense être une piquante énigme va lui ouvrir les yeux sur un monde plus obscur que prévu. En compagnie d'un vieux projectionniste black, alcoolique et lunatique, ex- flic d'une réserve indienne, notre jeune détective en herbe verra du pays.
Ce roman atypique que Lansdale saupoudre de nombreux condiments peut se manger à toutes les sauces comme on dit. Polar ou roman initiatique, car Stanley et les autres prendront de la bouteille, mais surtout, conte à dévorer comme une bonne grosse histoire dont les gosses raffolent. Avec de bonnes grosses ficelles, des gamins débrouillards et un chien fidèle.
On pourra toujours me dire "ça n'est pas de la grande cuisine", on pourra toujours bouder et penser que ça sent le réchauffé, car le livre se fait vieux.
J'avais déjà lu le livre, et ben je l'ai relu.
Je ne saurais donc le répéter assez souvent. LISEZ du Lansdale, c'est bien.
Et l'écrire, plus ou moins ponctuellement, plus ou moins bien, mais en y croyant sincèrement.
Ca compte non?