Un amateur donne son avis en ligne sur ce qui le passionne!
Le dernier pavé de Connelly vient de tomber dans la mare. Se faisant, il fit un plouf retentissant. Je me précipitai.
Or donc?
Un journaliste, Jack Mc Evoy, à douze jours de son renvoi du Times pour compression de personnel, hésite entre la colère et le découragement. Il opte pour un dernier coup fumant. Formé à la vieille école, il tente le scoop qui dira bien haut ce qu'il pense tout bas.
Bing. Un jeune dealer noir est accusé du meurtre brutal d'une femme blanche. Le cynique journaliste y voit une occasion en or.
Bing à nouveau. Les aveux du gamin sont bidons.
J'ai envie de dire re-bing, car lorsque notre super journaliste se met en chasse, il croisera Rachel Walling, séduisante agente du F.B.I. dont nous avions fait la connaissance dans Le Poète, et remontera la piste d'un psychopathe très méchant, très malin, et très fort en informatique.
Je dis même bingo, car s'il ne boucle pas l'article de sa vie, il retrouvera l'amour, la décence dont son licenciement le prive, et sauvera morale et justice ( si ça ne sent pas le déjà-vu à plein nez, j'offre un Mars, ou un Twix à mes éventuels lecteurs...).
Alors voilà pour le narratif. C'est peu reluisant à mon sens, mais je suis peut-être mauvaise langue. Pourtant, je suis un admirateur convaincu de Connelly. J'ai acheté tous ses livres en librairie, au prix fort. Pour défendre le petit commerce en bas de chez moi, parce que j'aime les polars, et parce que j'aime Connelly.
Première déception, pas de Hieronymus à l'horizon. Deuxième déconvenue, notre très cher auteur expédie en à peine cinquante pages la quasi totalité du boulot. On croise les gentils, les méchants, on sent venir le scoop, la femme est là, l'enquête, les indices et tutti quanti ou presque. C'est limite si le mot fin n'apparaît pas par inadvertance. Je grossis le trait bien sûr, mais pas la déception.
Ce roman aurait pu s'intituler le Poète deux, ou comment sans se fouler, prendre les mêmes et recommencer. Comme quoi, notre Epouvantail n'aura pas suffi à effrayer l'oiseau de mauvaise augure qui s'est posé sur l'arbre de ma chronique...