... Et vraie biture, avec ce bouquin de Crumley où nous suivons pour la première fois Milo Milodragovitch son héros.
Celui-ci s'imbibe à Meriwether dans le Montana, au sein d'un groupe de ce que je qualifierai volontier d'alcooliques unanimes, en attendant la prochaine cuite.Miteux, roublard, et passablement éméché, il tient vaguement une officine de privé, en végétant, depuis l'assouplissement des lois sur le divorce.
Plus de photos cochonnes, ou de filatures évidentes pour des conjoints tristes.
Une rouquine sanguine lui soutire l'affaire du siècle, retrouver son frère égaré depuis trois semaines dans la jungle hippie de ces années 70 bientôt finissantes.
Par bravade, romantisme, ou regret, notre privé bourré, bourrera dans le tas, et advienne que pourra, il plongera.
La faune pittoresque des piliers de bar rongés par la bibine, losers tragiques aux trognes avinées et/ou ravinées, hippies défoncés, ou flics de cambrousse s'agitent vainement aux pieds des montagnes grandioses d'un ouest bouffé par le siècle.
Crumley a bossé à gauche, à droite, au milieu, et en haut. Des champs de coton, à l'armée, en passant par l'enseignement.
De ce parcours mouvementé, le bouquin garde l'empreinte bigarrée d'un monde grouillant. Petits, abimés, laids, grotesques, ces figures éphémères et filantes, ces troquets poisseux et sombres, comme l'eau de feu, enflammeront, ou lasseront.
Tant de whiskies à boire, tant de femmes à aimer, comme dirait l'autre.
Pourtant, lorsque le vomi empeste, que le coma rôde, c'est à la souffrance que l'on boit, à l'absurde.
Je voulais, à l'occasion, réviser mes classiques, de ces américains qui me firent rêver, Crumley, Himes, et autres pointures du déjanté à l'ancienne.
J'avais d'autres trucs en cours pourtant, brûlants d'actualité. Le dernier carton de Richard Price. Un Starvation Lake à l'air prometteur.
Des hits du buzz, que l'audience s'arracherait sans doute, pour s'en repaître avidement.
Mais, le Crumley tenait bon, et j'avoue que j'en relirais bien d' autres aussi. La danse de l'ours, Un pour la cadense, Le canard siffleur...
Il y a peu, à me demander ce que j'aimais chez Lansdale, j'aurai pondu tout une tartine. Mais, il y a plus percutant. Lire Crumley dans le texte: - Quand je suis tellement bourré que je me fais dessous, me confiait-il de la voix chaude et rocailleuse qu'il ne prenait qu'avec moi, eh ben, même dans la plus profonde ébriété, tu te détourneras de moi, vaguement, mais positivement écoeuré. Il n'y a que ceux qui ont vraiment renoncé à tout pour ignorer cet écoeurement et s'en féliciter.
On sent le vécu, hein? Et pas que ça d'ailleurs. C'est de mauvais goût, et c'est tant mieux.
Finalement, à l'ouest, rien de nouveau, mais c'est du bon. Alors, un classique, ça vous branche?
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J'ai lu et adoré Le dernier Baiser l'année dernière (je te le conseille, c'est génial). Du coup, j'avais acheté Fausse piste. Mais pas encore lu. Au passage, j'ai acheté suite à tes articles Flood<br />
et Chiens de nuit.<br />
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je relis la danse de l'ours en ce moment, vieil exemplaire payé en francs, et je m'éclate!<br />
J'espère que les deux bouquins te plairont!<br />
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