Sjöwall et Wahlöö reviennent avec une nouvelle paire d'enquêtes chez Rivages/noir.
L'abominable homme de Säffle, sous le maillot numéro sept, et La chambre close, jouant numéro huit.
Je viens de reposer le premier. On dit que son chiffre porte bonheur. Je n'en sais fichtre rien, mais en l'occurence, mes deux suèdois aux patronymes à coucher dehors, si vous me passez l'expression, ne m'ont jamais déçu... Sans mentir.
En dix ans et dix livres, de 65 à 75, ils ont pondu un truc monstrueux. Pour tout un tas de raisons.
Une écriture, efficace et épurée. Des intrigues prenantes, des dialogues caustiques, un réalisme jamais pris en faute...
Rien que le témoignage incroyable de ces années vaut le détour. Que dire de la charge sociale et politique, ou de cet engagement des auteurs à une époque ou la gauche n'évoquait que gauchisme aux masses?
L'énumération est lassante, répétition d'éloges sans argumentaire... Mais que voulez-vous? Avec si peu, en dire autant? Dans un polar que l'on peut lire comme un bon policier, et rien de plus?
La portée de ses bouquins est énorme, aujourd'hui, comme hier! Je ne pourrai pas faire le tour de ces romans, même si j'y passais la page entière...
Celui çi, nous parle du pouvoir et de ceux qu'il corrompt. De brutalité, d'un état de droit, de responsabilité. Il pose la classique question des gardiens et de leurs gardiens, avec style et concision, l'air de ne pas y toucher. C'est spectaculaire et poignant.
Qui endossera la faute? Et quelle justice rendre lorsque la justice a pêché? La chute abrupte de ce roman m' a laissé sur le cul.
C'est grossier de ma part, mais suffisament évocateur de mon état d'esprit. J'aurai pu écrire un, sans voix, et demeurer consensuel. Mais voilà, j'ai voulu donner du clairon, et marquer les esprits...
Je n'engage que mon mot, mais pour parler peu, je pense que simplement ça vaut le coup. Foncez, si vous n'accrochez pas, j'assumerai, m'excuserai platement et vous dirai que vous êtes passés à côté d'un classique, ou d'une oeuvre unique, selon mon humeur...