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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 17:39

mankel.gifest la dernière enquête de Wallander. Pas de publicité mensongère ici messieurs et mesdames: le livre terminé, aucun doute ne subsiste dans mon esprit. Kurt ne reviendra pas. Pas de rappel, pas de bis, Kurt a lancé sa dernière réplique, le rideau est tombé, la scène est déserte, la lumière a fui, il ne dira pas " I will be back".

 

Cette ultime valse est funèbre. Wallander est vieux, ça on le savait, il est même grand-père. Cette fin de partie, si vous me passez l'expression, ne sent pas la rose mais le sapin. Les femmes de sa vie sont alcooliques ou malades et traversent son espace aérien comme des étoiles filantes. Kurt jette un regard sans complaisance sur sa vie. Le passé est lourd, l'avenir est sombre. Entre la vieillesse qu'il craint et la solitude qui le guette, l'heure du bilan a sonné...

 

Son enquête pour retrouver le père de son gendre piétine. On a cependant le droit à une belle leçon d'histoire: guerre froide, mur de Berlin ou équilibre de la terreur, sous-marins et pacte de Varsovie (je me suis cru en pleine révision du Bac pendant une seconde)...


En effet, le disparu fut officier de marine et de carrière. Les derniers mots qu'il échange avec Wallander remettent en question l'incursion dans les eaux suédoises d'un sous-marin soviétique dans les années soixante...

 

Une plongée en eau profonde s'annonce avec son cortège d'espionnage et de faux-semblants pour un Kurt dépassé. C'est une page d'histoire qui se tourne et c'est la vie de Wallander qui défile: ses enquêtes, ses conquêtes... je me suis pris à fredonner: avec le temps va, tout s'en va ...llander!!

 

Tout cela est bel et bien beau, cela n'en demeure pas moins funèbre. On croirait lire les derniers mots d'un condamné (par l'auteur) à disparaître, une confession désabusée ou un testament amer...

 

Cette élégie est par trop morbide pour ce héros qui n'en méritait pas tant. Wallander, bougon mais vaillant, s'éteint tout au long de cet ultime volet de la saga. Je m'en remettrai. Lui ne remettra pas le couvert et c'est dommage, car s'il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte, on aurait pu souhaiter un final moins abrupt.

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 13:48

dahl.gifJ'étais en manque de suédois, et la sortie en poche est une aubaine pour les amateurs avertis ne bénéficiant pas encore d'un bouclier fiscal. J'avais hésité devant l'ouvrage à sa sortie chez Seuil, je l'ai acheté chez Point, ainsi va la vie... C'est signé Arne Dahl, ancien critique et collaborateur de l'Académie suédoise. Il nous fait suivre ici la première enquête d'une brigade spéciale attachée à la résolution d'affaires sensibles.

 

Le personnage principal, Paul Hjelm, est un flic de la vieille école. Il ignore tout de l'informatique et bosse à l'instinct. Il opère dans un quartier difficile et, suite à une prise d'otage très médiatisée, il est mit sur la sellette par les affaires internes. Son comportement face au preneur d'otage, un homme du Kosovo à qui la Suède refuse l'asile, est sujet à caution. Hjelm, au bout du rouleau, investit les lieux seul et blesse l'homme sans sommation. La police veut tuer dans l'oeuf toute rumeur de racisme ou de justice expéditive. Elle décide de faire un exemple et le met à pied. Il est alors recruté par le mystérieux Jan-Olov Hultin et intègre une toute nouvelle unité.

 

Un criminel assassine des grands patrons de l'économie suédoise. C'est bien sûr inacceptable. D'autant plus que le modus operandi est identique à chaque fois. La police y voit là les prémisses d'un tueur en série. Le tueur attend sa victime dans son salon, assis sur le canapé, avant de l'abattre de deux balles dans la tête. Le calibre utilisé, ainsi que la technique, font penser à une exécution pratiquée dans certains milieux criminels. Mais les victimes n'évoluent que dans les cercles de la haute finance. Quel rapport avec un chef de gang albanais et son réseau? Qu'en est-il de cet enregistrement de jazz que l'assassin écoute religieusement à chaque meurtre et qui donne son nom au roman? Ces hommes ont-ils dans les affaires des ennemis assez motivés pour engager des hommes de main?

 

Les pistes à explorer ne manquent pas. Les enquêteurs de ce 87ème district à la suédoise ont du pain sur la planche. Ils sont issus de brigades et de régions différentes, leurs parcours sont ecclectiques.  Il y a là, un ancien avocat devenu policier par souci de justice et qui parle comme un livre, un trentenaire d'origine hispanique fan de musique, une femme au passé trouble, un flic body-buildeur ex-accro des stéroïdes devenu chanteur dans une chorale, etc...

 

Ils ont tous des compétences utiles et offrent au lecteur une fourchette de comportements plutôt distrayante.

 

Bien que la procédure policière occupe une place importante dans l'intrigue (l'analyse des preuves, la recherche et l'écoute des témoins comme les planques ou les filatures), il y a dans ce roman une bonne dose de préocupation sociale et politique. J'ai pensé à Sjöwall et Wahlöo, ce qui n'est pas un mal. J'ai pensé à Mankell aussi, car Hjelm lorgne du côté de Wallander. Ses inquiétudes d'homme devant notre société, sa volonté dans le travail ou ses faiblesses d'époux, toutes ces facettes du personnages restent des classiques... Une surprise tout de même, au fil des pages nous découvrons quelques scènes érotique, chose rare dans le polar nordique. L'un dans l'autre et sans mauvais calambour, j'ai passé un bon moment.

 

Dahl reprend à son compte des ingrédients qui ont fait le succès d'autres écrivains, pour livrer un policier qui, s'il ne dynamite pas les canons du genre, respecte ses codes tout en offrant un bon moment de lecture.





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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 14:50

kepler.gifEn tout cas, je n'ai pas pu lâcher le livre, je l'ai lu d'une traite. Comme un gosse dans sa chambre, caché sous la couette jusque tard dans la nuit. J'ai remis le couvert le lendemain et bu le calice jusqu'à la lie. J'ai dévoré L'Hypnotiseur de Lars Kepler. C'est son premier roman traduit en France, mais on m'annonce que d'autres aventures sont en route.  J'en salive déjà.

 

Dans le cadre de ses recherches, Erik pratique l'hypnose médicale. Il est un des rares experts en la matière. Il souhaite améliorer les résultats  de la psychiatrie par ce biais.

Dix ans plus tard, il est sous anti-dépresseurs et mène une vie difficile. Sa femme ne lui pardonne pas une liaison, son fils adolescent souffre de la maladie de Willebrand et ses recherches sont oubliées. Erik ne pratiquera plus jamais l'hypnose, il l'a déclaré publiquement.

 

Cependant, lorsque Joona le policier lui expose les faits, Erik hésite. Une famille entière a été assassinée dans un déchaînement de violence. Le fils aîné, lardé de coups de couteaux, oscille entre la vie et la mort. Sa soeur plus âgée, ayant quitté le domicile au moment des faits, n'a toujours pas été localisée. L'hypothèse retenue est que l'assassin la poursuit. La police est sur les dents, Josef doit témoigner au plus vite de ce qu'il a vu.

 

Erik travaille désormais en traumatologie. Ses compétences dans les domaines de l'hypnose et du trauma pourraient  faire gagner un temps précieux. Erik accepte donc. Dès lors, les choses s'accélèrent. Josef s'évade de l'hôpital en laissant derrière lui une piste sanglante. Benjamin, le fils d'Erik, disparaît ensuite. Il ne peut survivre que quelques jours sans l'injection qui permet à son organisme de lutter contre la maladie. Les questions et les suspects ne manquent pas. Où se cache désormais Josef? A-t-il enlevé Benjamin? Y a-t-il un rapport avec ce qui a poussé Erik à ne plus pratiquer? Qu'en est-il de cette bande d'adolescents désoeuvrés, affublés de noms de Pokémons, qui s'adonnent au racket et à la violence dans le quartier? Quels liens entretiennent-ils avec la fiancée de Benjamin et son frère attardé? A qui a-t-on voulu nuire, au fils ou au père? Le couple d'Erik, déjà fragile, est durement éprouvé par l'épreuve. Mari et femme s'éloigneront bientôt l'un de l'autre.

 

Nous suivrons alors les efforts de Joona le policier, de Simone la femme de l'hypnotiseur, d'Erik lui-même et de son beau-père Kennet, policier à la retraite. Les personnages sont tous attachants. Le découpage à l'américaine n'est pas pénible car chaque protagoniste apporte une pièce à l'ensemble du puzzle. L'écriture, comme souvent chez les nordiques, ne sombre pas dans l'excès. Mais elle est ici imprégnée de macabre, ce qui donne à l'ensemble une tonalité inquiétante. L'intrigue regorge de petits détails sordides qui raviront les amateurs sans pour autant nuire au réalisme.

 

De plus, derrière le pseudonyme de Kepler, se cache un couple marié travaillant à quatre mains. Cette collaboration permet une analyse assez fine des tensions qui tiraillent le couple d'Erik. La construction des personnages féminins n'est pas caricaturale et certaines des névrosées qu'Erik nous fait rencontrer resteront dans les mémoires.

 

Vous n'entendez désormais que ma voix, vous êtes détendus et confiants. Je vais compter jusqu'à dix et vous acheterez ce livre.

Un, deux...

 









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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 16:42

arni.gifIl en va des livres comme des gens. Certains font de l'effet ou lassent, d'autres, à l'instar du bon vin, vous deviennent de plus en plus chers avec le passage des années. Le Septième fils est de ceux-là. Son auteur Arni Thorarinsson gagne à être connu. Il a pris de la bouteille et peut se consommer sans modération. Le nord est une valeur sûre et l'Islande a bien sa place au panthéon des romans noirs.

 

Or donc, bienvenue à Isafjördur dont le patronyme à coucher dehors laisse présager bien exactement ce qu'il en est, c'est à dire pas grand chose. Trois gothiques, une pêcherie qui a coulé, un fort taux de chômage, et, voyons voir, une municipalité à la recherche de capitaux pour relancer une économie moribonde... Einar,  journaliste désabusé mais toujours curieux, se voit chargé par sa rédaction d'y fouiner un poil, histoire de travailler plus et de coûter moins. Business is business.

 

Mais un incendie éclate. Une vieille maison du centre est réduite en cendre. Un couple de touristes lituaniens se fait voler son camping-car, on le retrouvera bientôt carbonisé avec deux cadavres à l'intérieur, celui d'une gloire sur le retour du football et son meilleur ami... Einar devra donc prolonger son séjour et creuser son investigation.

 

On retrouve ici des thèmes chers à l'auteur. Un pays gangrené par l'avidité et par la drogue, la musique, une jeunesse perdue... Sous la plume d'un journaliste revenu de tout sauf de la curiosité, l'Islande sombre petit à petit. Avec des mots simples et des intrigues tricotées genre grosses mailles un peu lâches, j'avoue qu' Arni me va comme un gant, ou une moufle. Après tout, tant qu'on est au chaud... Même son final un peu gros m'a laissé un agréable souvenir. Suis-je partial? Assurément, c'est le seul moyen d'être honnête que j'ai trouvé!

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 17:17

l-assassin-de-l-agent-de-police.gifest le neuvième des dix volets du "roman d'un crime" des suédois Sjowäll et Wahlöö, publiés à l'époque chez 10/18, sans doute épuisés. 

Rivages / noir nous propose l'intégralité de la série depuis peu.

Il y a différentes raisons d'aimer un livre, et différentes façons de l'exprimer.

On peut apprécier l'intrigue, son suspense, les personnages, le contexte, l'écriture. On peut de même vanter tout cela, citer le texte abondamment, ou appâter le chaland en jouant les mystérieux, miser sur l'ellipse plutôt que sur la surenchère.

Il est des livres qui s'oublient la dernière page tournée, d'autres qui, à l'instar des millésimes, s'améliorent avec le temps, ou serait-ce l'âge qui nous ouvre le regard?
Je ne puis être catégorique sur ces points.

Une chose cependant me semble limpide, ce livre, s'inscrivant dans une série écrite à quatre mains il y a trente ans, présente l'énorme mérite, de se lire toujours aussi bien. Pour tout un tas de raisons.

Son style sans fioriture, ses intrigues solides et réalistes, ses histoires secondaires attachantes, sa revendication sociale, qui  je le rappelle, en ces jours de consumérisme, et de capitalisme effréné, demeure salvatrice.

Les préfaces sont des morceaux d'anthologie, écrites par des grands du genre (que du beau monde). Elles ouvrent avec efficacité chaque opus, et leurs auteurs insistent souvent sur le côté visionnaire des fictions qu'ils présentent.

Dans une Suède d'époque, dépeinte avec justesse et talent, la plupart des problématiques abordées, voire certains des événements imaginés, se sont régulièrement vus concrétisés.

Cette fois nos héros reviennent, avec la disparition puis le meurtre avéré d'une femme, à deux pas des pénates d'un criminel sexuel notoire relaxé depuis peu.

Entre les pressions d'une hiérarchie médiocre et de plus en plus militarisée, des médias avides de viande froide, et un suspect idéal, Beck et son équipe ont fort à faire.

Lorsque de plus, des policiers tombent sous les balles d'un jeune délinquant à la dérive, et qu'une chasse à l'homme nationale se met en branle...
...Rien ne va plus.
Cet épisode donnant d'ailleurs son titre à l'ouvrage teinte l'ensemble d' une ironie corrosive et réjouissante.
Je n'en dirai pas plus. 

Comme à chaque fois, appuyant l'argumentaire politique, nous retrouvons cet humanisme profond et ce bon sens bien prosaïque, dont les connaisseurs sont coutumiers. 

Les petits, les fragiles, comme les criminels endurcis, ne sont pas diabolisés.

Ils sont d'ailleurs tellement proches de nous, lecteurs, que le crime devient le levier grâce auquel le livre soulève la roche et son anguille.

Biotope dont nos sociétés devraient se soucier, avant qu'il ne soit trop tard, et que leur prolifération aie détruit notre habitat.

Tout cela est, pourtant, bel et bien ordinaire mais passe comme une lettre à la poste. Nous oublions alors trop rapidement avec quel brio cela a été fait.

J'offre ici un bref extrait d'une laconique efficacité:
Ils parlèrent pendant une heure ou deux. De toutes sortes de choses.
Deux hommes qui avaient tué.

C'est à cela que l'on estime le travail d'un expert, on se l'imagine inmanquablement facile.

Je ne suis pas pro, tout juste un amateur, je ne peux donc que vous faire partager mon enthousiasme ( encore une fois ) , et vous conseiller plus que vivement de vous procurer un, voire tous les volets de cette série suédoise.

Pas plus, mais pas moins!

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 12:34

Indridason.gif 


Le dernier Indridason se referme à l'instant.
Je vous livre mes commentaires à chaud, humour à froid oblige.
Je ne serai pas vraiment objectif, j'aime les enquêtes d'Erlendur le flic bourru.
Ses histoires de famille, sa fille droguée, ou son fils alcoolique.
Toutes les histoires qu'Indridason nous livre en petites phrases simples, sur ces petites gens, et leurs petites tristesses comme leurs grands drames.
Des petites histoires, qui font pourtant l'histoire avec un grand H.
Le tour de force de l'auteur, c'est de faire vivre un pays grâce à son quotidien, sa banalité. 
Pas de course-poursuites, ou de minutieuses investigations scientifiques.
L'Islande, et sa géographie tourmentée.
Terre de mystères, de tempêtes, et de disparitions.
De fantômes aussi. 
Mais loin de tout mysticisme, c'est ici la mélancolie qui nous hante.
L'intrigue est simple, simpliste diront les médisants. 
Maria s'est suicidée, mais sa meilleure amie doute.
Erlendur va se pencher sur ce cas, de prime abord classé.
Quelques rencontres, et sa curiosité le poussera jusqu'aux confins d'une histoire à priori sans surprise, voire au-delà.
Ce qui fait la force du bouquin, fait aussi sa faiblesse.
Rien ici n'est spectaculaire.
Des répliques sans artifices, et une intrigue parfois bancale.
Le spleen ou cette façon de laisser le silence tomber, plutôt que d'argumenter, lorsque la nuit s'abat.
Il y a quelque chose d'intimiste dans ce désespoir, et la lecture de certains passages, donne parfois l'impression de partager quelque chose avec nos héros. 
On tombe donc plus près du roman noir, que du policier à proprement parler.
Ca ne change rien à mon papier, j'aime les bouquins d'Indridason.
Tous.


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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 18:40
 Sjöwall et Wahlöö reviennent avec une nouvelle paire d'enquêtes chez Rivages/noir.

L'abominable homme de Säffle, sous le maillot numéro sept, et La chambre close, jouant numéro huit.

Je viens de reposer le premier. On dit que son chiffre porte bonheur. Je n'en sais fichtre rien, mais en l'occurence, mes deux suèdois aux patronymes à coucher dehors, si vous me passez l'expression, ne m'ont jamais déçu... Sans mentir.


En dix ans et dix livres, de 65 à 75, ils ont pondu un truc monstrueux. Pour tout un tas de raisons.

Une écriture, efficace et épurée.  Des intrigues prenantes, des dialogues caustiques, un réalisme jamais pris en faute...

Rien que le témoignage incroyable de ces années vaut le détour. Que dire de la charge sociale et politique, ou de cet engagement des auteurs à une époque ou la gauche n'évoquait que gauchisme aux masses? 

L'énumération est lassante, répétition d'éloges sans argumentaire... Mais que voulez-vous? 

Avec si peu, en dire autant? Dans un polar que l'on peut lire comme un bon policier, et rien de plus? 

La portée de ses bouquins est énorme, aujourd'hui, comme hier! Je ne pourrai pas faire le tour de ces romans, même si j'y passais la page entière...

Celui çi, nous parle du pouvoir et de ceux qu'il corrompt. De brutalité, d'un état de droit, de responsabilité. Il pose la classique question des gardiens et de leurs gardiens, avec style et concision, l'air de ne pas y toucher. C'est spectaculaire et poignant.

Qui endossera la faute? Et quelle justice rendre lorsque la justice a pêché? La chute abrupte de ce roman m' a laissé sur le cul.

C'est grossier de ma part, mais suffisament évocateur de mon état d'esprit. J'aurai pu écrire un, sans voix, et demeurer consensuel. Mais voilà, j'ai voulu donner du clairon, et marquer les esprits...

Je n'engage que mon mot, mais pour parler peu, je pense que simplement ça vaut le coup. Foncez, si vous n'accrochez pas, j'assumerai, m'excuserai platement et vous dirai que vous êtes passés à côté d'un  classique, ou d'une oeuvre unique, selon mon humeur...
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 10:20
Leadbelly en écrivant cette chanson, ne se doutait pas que  Manu Chao la chanterait, ni que ce mauvais jeu de mot sur l'Islande me permetterait de lancer mon papier sur Thorarinsson avec ce mauvais goût qui me plait tant.

On  compare le bonhomme à Indridason. Mais deux islandais qui se suivent, ne se ressemblent pas forcément... Et dire qu'ils sont bons tous deux, n'est qu'un constat. C'est ensuite un raccourci, car partager talent et nationalité n'est pas symptomatique d'une quelconque causalité...


Le temps de la sorcière, met en scène Einar le journaliste. Ancien alcolique et fouineur de première. L'Islande  qu'il nous fait découvrir est nostalgique, d'une époque, d'un mode de vie, peut-être d'une identité. Un âge d'or que le modernisme, puis la drogue ont détruits.

 Le ton est abrupt, maladroit parfois. Des lourdeurs plombent la fluidité du récit. Ceux qui aiment, comme c'est mon cas, parlent de rudesse, d'une langue, d'un peuple, ou de premier roman. Ses détracteurs nous parleront de défauts de fabrication...

Laisson là toute querelle, le Dresseur d'insectes nous réunira autour d'un bon polar nordique comme on les aime. Un peu lent, mais fouillé. Noir, mais humain. Triste mais drôle.

 Einar mène la danse, ( beaucoup de clins d'oeil au rock'n roll) , alors en avant la musique!

 Enfin, pour narguer ce cher reporter en sevrage, je dirais du premier volet, s'il était un vin, qu'il serait un peu vert et lourd en bouche, du second, plus rond, qu'il est harmonieux et bien charpenté. Oenologie mise à part, les amateurs de bon cru islandais seront comblés, et c'est ce qui importe.
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 16:42
 

Lorsque j'entame une série, je m'applique à en lire au moins deux. C'est une règle de lecture. Parfois, le premier roman est maladroit, les suivants sont un régal. Parfois c'est l'inverse.

J'avais beaucoup apprécié, le premier bouquin de Joensuu. J'appréhendais la suite. Je me disais qu'il serait moins bon, moins spontané.


Harjunpää et les lois de l'amour
, est excellent. On retrouve l' écriture simple du premier volet. Les personnages sont attachants. Le réalisme est au rendez-vous. Secouez le tout, et vous avez une bonne surprise!

Les relations entre les differents personnages sont au coeur de l'intrigue.  Bingo le flic raté, sa collègue, veuve et mère d'un jeune garçon, l'escroc et ses proies, les flics et la déprime... L'amour et le manque, tout cela est dit sans fioriture mais avec humanité.

 Moins un polar qu'un roman noir ou social, ces aventures finnoises sont à découvrir, ou à savourer, selon le lecteur.

Je ne dévoilerai ni l'histoire, ni son surprenant dénouement....

Mission accomplie pour le petit commentateur que je suis. Au menu, un léger aperçu, et vogue la galère!

 En dire plus desservirait mon dessein. Je ne veux que vous ouvrir l'appétit. Pour cette mise en bouche, une synthèse légère, mais pas de citation, de rapport circonstancié ou de morceau choisi.

Le client est roi, il devra faire son choix! Pour le reste, ici comme ailleurs, les choses suivront leur cours!

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 15:44
Avec l'âge, le passionné devient tatillon.L'amateur de polar que je suis, après toutes ces années, rechigne parfois à savourer simplement le plaisir d'une bonne lecture. Le polar devient convenu, les nuits ne sont plus blanches, on dédaigne les exercices de style, et l'horreur des crimes devient surenchère.

Le polar est un credo, il est philosophe de ces questions morales que le châtiment et la loi posent à la justice des hommes. Il tente d'ordonner ce que le mal détruit ou souille, et ce, aux quatre coins du monde. Il est pour moi primordial de lire du polar, bien au-delà du simple page- turner que l'on dévore à l'adolescence, ou du témoignage brutal de l'injustice sociale dans nos sociétés.

Voici un petit livre venu d'Helsinki, écrit par un policier du nom de Matti Joensuu, il s'intitule Harjunpaa et le fils du policier, il est écrit simplement, et pour la première fois depuis lontemps,ce que je lisais m'allait droit au coeur.
Pas de procedural, de coups de tonnerre ou d'horribles mutilations. Pas d'énigme perverse à résoudre pour déjouer les plans d'un dangereux psychopathe.

Non, rien que deux gamins laissés pour compte, un policier terrifié et très humain face à l'horreur qui guette chaque soir entre les parkings et les cités dortoirs.

Ecrit en 1983, il est toujours malheureusement d'actualité et se lit comme un roman noir ou un polar social, les experts trancheront! Disponible en poche, il convient à tous les budgets et ouvre une série d'enquêtes aux personnages récurrents. Le lecteur le plus blasé ne peut qu'admirer le réalisme du propos et l'efficacité du récit. On pense à la série de Sjowall et Walhoo, leur diatribe policière et politique, mais surtout, on pense bravo!

Le polar nordique, s'il vient du froid, ne manque pas de coeur!
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Plusieurs cordes...

... A mon arc?

Mon beau-père, paix à son âme,  me disait souvent qu'un touche-à-tout,  n'était bon nulle part, mais mauvais en tout!

Ce bon sens,  un peu terre à terre m'a toujours fait sourire.

Pas forcement pour les raisons auxquelles l'instigateur du proverbe pouvait songer!

Le dilettantisme est une forme d'art que la morale méprise. Et bien, si se consacrer aux arts,  par pur et simple plaisir de la chose est un crime, sachez que je suis un criminel.

Je réflechissais à tout cela, car mon ouvrage informatique, s'il colporte honnêtement mon amour du polar, vous déroutera  peut-être  par ses vélléités poétiques.

Mea culpa mes amis. La faute m'en incombe, et je vais tenter de m'expliquer...

J'en reviens à cette superbe maxime à l'origine de ce texte, et,  j'ai envie de lui assener cette autre pépite du genre: Ne s'attendre à rien, c'est être prêt à tout!

C'est ainsi, avec cette toute orientale tournure d'esprit que j'ai conçu cet espace.
Je laisse aux mots, toute lattitude pour prendre la parole...

J'espère, bien sincèrement que vous apprécierez mon outrecuidance, et que mes errements ne vous lasseront pas! Ou alors, pas tout de suite!

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