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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 17:30

Un petit retour après un grand départ. Deux années à sillonner l'Amérique du sud et quelques autres le long des côtes bretonnes.

 

Un bref tour d'horizon des blogs qui tournent et surprise, quelques pubs mais pas un mot sur tonton Lee, silence radio. Le dernier opus des aventures de Jack Reacher, Mission confidentielle est pourtant dans les bacs.

 

Peu de critique social et donc pas de roman noir, mais grosse artillerie et mécanique de précision, variation sur le thème du héros solitaire et un tour des States qui fait des booms et des cracs...

Lecture somme toute de gare mais gare aux fines bouches, elles ne savent pas ce qu'elles perdent!

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 16:39

lansdale-copie-1.gifLansdale, Hap et Leonard sont de retour! Avec plein de bang, whiz, et boum. Un vrai comic-strip, mais pas pour les fillettes... Nos deux gaillards sont toujours vaillants et fidèles à eux-mêmes, entre deux boulots merdiques. Ils ont été tour à tour vigiles et planteurs de roses. On les a vus, gardiens de nuit ou manoeuvres, bosser dans une usine de poulets, pour un fabricant de chaises et toujours tirer le diable par la queue afin de garder trois billets dans une poche. Mais leur spécialité, pour le plus grand plaisir des fans, reste le bottage de cul, la tatane retournée, le coup de boule rotatif et tous ces menuets folkoriques du Sud profond que même Chuck Norris leur envie. Cette célèbre hospitalité sudiste quoi...

C'est un duo qui frappe, l'esprit et le reste. Le blanc démocrate et hétéro, le black teigneux, républicain et gay. Des experts de la vanne grossière, de l'insulte imagée et du plan élaboré, genre on rentre et on cogne, on cogne encore, on cogne toujours, puis on les flingue. Enfin on les charrie un peu. Si survivant il y a. De fins stratèges, Napoléon en est encore tout retourné. 

 

Il y a peu de chance de faire passer ça pour du Stendhal ou du Zola. On ne peut raisonablement pas l'offrir à une charmante vieille tante entre deux tisanes et lui faire croire que c'est du Danielle Steel. Dans une bibliothèque à haute teneur intellectuelle, la Rhétorique d'Aristote se sentirait toute gênée entre deux Lansdale...

 

Mais enfin, je ne bois pas de verveine et ne lis pas Proust, alors...

Dans l'East Texas, terre de gens agressifs et de reptiles mesquins (dont les ''mocassins d'eau'', ces serpents reviennent dans quasi tous les Lansdale), Hap s'est dégotté un job de merde sur un chantier quelconque. Il est payé des clopinettes et file le parfait amour avec Brett sa rouquine incendiaire... c'est d'ailleurs peu de le dire car elle a effectivement incendié son ex-mari avant d'éteindre les flammes à grands coups de pelle. Mais Leonard, en manque de biscuits à la vanille, ce sont ses préférés, débarque avec Marvin pour lui demander un coup de pince. Une des petites filles dudit Marvin est dans une position délicate. Elle deale de la came dans une caravane et frôle le trottoir. La proposition est simple, distribuer des beignes et ramener la gamine.

 

Les choses vont bien sûr se corser, fusillades, courses-poursuites, lancer de chien, canotage intempestif, F.B.I, tueurs à gage, mafia et tutti quanti! Il est à noter que les autochtones ont un patois plus que fleuri et qu'il risque de heurter la sensibilité des plus jeunes. Entre deux "raclures de couilles", "lopettes" ou "enculeurs de chiens", (j'en passe certains sous silence pour ne pas gâcher la surprise), nos petits gars du Sud ont le verbe imagé pour faire dans l'euphémisme. Ils ont vieilli mais gardent punch et tonus comme de vieux cogneurs aguerris. Nos lascars sont encore bons pour le service.

 

Lorsque leur chemin croisera celui de Vanilla, comme qui dirait, intermittant du spectacle plus que spécialisé dans le tomber de rideau, on lorgnera du côté d'O.K. Corral pour quelques règlements de comptes. Le Sud et plus particulièrement l'East Texas ne sentent pas le magnolia. Ils suintent la bière et la crasse, le cuir et la poudre. C'est trash, c'est gras, ça envoie du lourd. 

 

Plus sérieusement, enfin si je peux dire, derrière ses rodomontades, ses gros mots, ou son humour au style assez proche du coussin péteur pour ce qui est de la finesse, Lansdale ne fait pas que le guignol. La mélancolie pointe son nez régulièrement. Notre duo de comiques favori, avec ses galères de thune et son avenir incertain, sent passer les années et les embrouilles. Leur amitié, aussi improbable soit-elle, est peut-être la seule chose en laquelle ils croient encore, et malgré les vannes d'ado et les road-movies déjantés, on sent çà et là, un certain désespoir, voire un désespoir certain. De l'humour de condamné à l'approche du dernier acte. Lire Lansdale, c'est comme bouffer un gros steak lorsque les artères bouchonnent et dire, merde je fumerais bien une clope après. Une bonne grosse pirouette pleine de bruit et de fureur, dite par un idiot... Mais vous connaissez la suite.

 

Connelly, s'il n'a pas pondu un bouquin terrible la dernière fois qu'il s'y est mis, nous met ici une dédicace efficace: " Lansdale est un maître et Vanilla Ride le prouve une fois de plus. Chaque page de ce livre déborde d'humour, de caractère et, par dessus tout, d'une intrigue qui déménage vraiment. Du début à la fin, le sourire du lecteur ravi n'a pas quitté mon visage".

 

Voilà, il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte. J'espère seulement avoir donné envie de découvrir cet auteur à ceux qui ne le connaissent pas encore.

 

Comme avant toute publication, je viens de passer le test de la relecture. La régie me fait signe que c'est un peu long pour une critique. Sans doute, mais quand on aime on ne compte pas...

 

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 16:08

lisez les Texas Chronicles! Ces trois bouquins de Michael Simon où l'on retrouve Reles, l'inspecteur juif à la crim' d'Austin dans les années 90. Fils de mafieux, il est en proie au racisme ordinaire d'une police souvent corrompue. Il mènera l'enquête d'abord dans Dirty Sally qui ouvre la série puis dans Texas Parano et Le Dernier juif debout.

 

Je viens de terminer le second, il manquait à ma collection. En un mot comme en cent, c'est bien. J'ai retrouvé avec plaisir des personnages bien campés, abimés par la vie et bien loin des stéréotypes aseptisés du héros. La crise économique et sociale qui frappe durement l'Amérique est un excellent révélateur des failles d'un système ou d'un gouvernement.  Les services de police y sont rien moins qu'épargnés. L'auteur a travaillé pour les services du contrôle judiciaire. L'expérience a sans doute été amère, mais elle donne aux livres un poids indéniable.

 

Texas Parano débute par l'agression d'une avocate noire et le meurtre d'un de ses deux enfants. Pour apaiser tout problème de tension raciale, c'est à Torbett, le seul flic noir d'Austin, que l'on confie le bébé, Reles s'occupera de décès inexpliqués liés à la drogue. Les affaires se croiseront bientôt, et comme on s'en doute, rien ne sera ce qu'il y paraissait.

 

Ce qui fait mon bonheur dans cette trilogie, c'est que, comme disait l'autre: rien n'est simple et tout se complique. L'échec ou le compromis sont souvent inévitables et Michael Simon l'écrit à sa manière, sans pour autant quitter les ornières du polar. Voilà pour le "en bref" du jour!












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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 16:19

les-murmures-des-morts.gifde Simon Beckett nous fait partager la troisième enquête de David Hunter, l'expert en anthropologie médico-légale, découvert dans La Mort à nu en 2007. J'ai raté le second. Mais me re-voilà pour le troisième round, frais et dispos, ce qui n'est pas le cas de la plupart des cadavres que notre expert voit s'entasser.

 

A peine remis de blessures récoltées dans le second tome et sur lesquelles je ne saurai vous éclairer, Hunter quitte Londres pour les USA afin de rejoindre Lieberman, un collègue et ami à la ferme des corps, sympathique lieu de villégiature pour légistes et cadavres à tous les stades de décomposition, dans un cadre verdoyant et paisible. Hunter y voit l'occasion de se remettre au boulot sans le stress d'une véritable enquête. Of course, la synécure espérée ne tiendra pas trois pages. Son collègue vieillissant et malade lui demande de le seconder lorsque la police découvre un corps mutilé, puis un second, puis un .... Et puis l'escalade, pas besoin de vous faire un dessin. La science aura maille à partir avec de troublantes incohérences lors des autopsies et Hunter devra croiser le fer avec un redoutable et machiavélique criminel.

 

Le roman n'est pas un chef d'oeuvre d'écriture, et une fois reposé, je me suis dit: à l'ouest, rien de nouveau. Seule ( petite ) étincelle, un final digne de ces productions cinématographiques horrifiques et grand-guignolesques dont je me goinfre à l'occasion. Du genre " Laissez parler les tronçonneuses", " Husqvarna mon amour" et autres apologies de l'outillage ...

 

En bref, seuls les mordus ne se mordront pas les doigts d'avoir dépensé 19 euros.




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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 14:48

fulmer-copie-1.gifde David Fulmer est le dernier achat de votre humble serviteur. Un petit format, idéal pour le transport, les petits budgets ou toute autre restriction.

 

Et donc, un petit rappel de l'intrigue pour commencer.

 

La Nouvelle-Orléans, nous sommes en 1907. Le quartier des maisons closes est en ébullition car des filles de joies sont retrouvées mortes, une rose noire sur le corps. Ancien policier, Valentin Saint-Cyr est désormais employé par Anderson, le roi de la pègre, pour maintenir un semblant d'ordre dans les parages. Métis, il est mal vu de tous. Dans une société raciste mais hiérarchisée en fonction de la couleur de la peau ou du degré de métissage, ses origines italo-africaines le placent tout en bas de l'échelle. Il est chargé de mettre un terme à cette histoire. C'est mauvais pour le commerce tout ça. Les soupçons se portent rapidement sur son ami Bolden. Musicien célèbre car il " jasse" comme personne dit-on. Du français jaser, c'est ainsi que l'on décrit ses envolées de notes  qui ne sont ni du blues ni rien d'autre de connu. King Bolden est une légende en ville. Mais le succès, la drogue, l'alcool et les filles en ont fait une épave aux yeux rouges se traînant de trottoirs en trottoirs. Il a des absences. Il oscille sans cesse entre défonce et sensibilité d'écorché vif. Il connaissait les victimes, toutes les victimes, et ne se souvient pas de ce qu'il a fait la veille. Bientôt Saint-Cyr se voit offrir ce choix cornélien, sacrifier son amitié pour le musicien afin de ramener la paix des esprits car il est le bouc émissaire idéal, ou résister aux pressions et poursuivre sa quête de la vérité. Dans une Nouvelle-Orléans plutôt bien campée, Valentin découvrira-t'il ce qu'il en est vraiment?

 

Je n'entre pas plus dans le détail, préférant vous en laisser la primeure, vous qui tenterez peut-être l'aventure. Ce petit voyage dans le temps et la géographie est bien mené. J'aime généralement la reconstitution historique, ou pseudo-historique pour caser du polar. Un brin de rétro, de l'exotisme, et en avant la musique!

 

Je ne suis pas devenu fan pour autant. Un brin plan-plan à mon goût. Le privé déambule vaguement, nous faisant partager au passage le décor et l'ambiance tout comme certains noms connus de la scène musicale. Je pense à ce petit clin d'oeil à Jelly Roll Morton par exemple, mais l'intrigue n'est guère haletante. Les flics veulent un coupable, le patron de Saint-Cyr veut un coupable et Bolden fait très bien l'affaire. Mais Valentin hésite. Il ne s'appelle pas Hamlet pour autant, et le périple s'enlise. Il hésitera tout au long de la promenade, et dénouera les fils de l'intrigue presque par hasard. 

 

J'en garde un souvenir mitigé, l'impression d'avoir écouté un  long solo répétitif qui s'achève trop vite sur des notes trop graves (le final est un poil lacrymal). C'était l'image musicale du jour. Mais je ne suis pas expert en la matière, car de toute manière, je ne suis pas très jazz.

 

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 18:09

preuve de sangde Thomas H. Cook est le second roman de l'auteur que je chronique. J'aime creuser un peu, au risque de m'embourber ou d'insister lourdement lorsque j'aime ce que je découvre. Et bien, or donc, Cook est un chef. Hi, hi.

 

Son héros, Kinley est au serial killer ce que Bellemard est au télé-achat, un maître. Personnage singulier que ce Kinley. Obsessionnel, solitaire à l'extrème, il poursuit de sa pathologique curiosité ces monstres dont les légendes urbaines sont faites. Si dieu est dans les détails, le diable aussi. Tout entier voué à la résolution d'on ne sait quel morbide mystère, notre écrivain se voue corps et âme à la tâche. Orphelin de père et de mère, lorsque sa grand-mère décède et que l'on enterre son unique ami, Kinley retourne dans la ville de son enfance pour un ultime au-revoir. Mais il ne peut résister au mystère. Une vieille affaire de meurtre des années cinquante lui tend les bras, quelques dossiers, deux ou trois indices...

 

 La curiosité est un bien vilain défaut, mais l'ignorance est une maladie qui se soigne. Kinley est prêt à payer le prix qu'il faudra pour se faire. L'écriture est précise, sèche et le personnage de Kinley assez intriguant. Au prise avec ce besoin pathologique de savoir et cet étrange penchant pour le macabre, l'écrivain nous entraîne vers le dénouement grâce aux étranges circonvolutions de son raisonnement et la solitude implacable de son existence.

 

 L'ambiance vieux sud rural et les minutes du procès donnent de plus au livre une dynamique agréable. C'est pas à pas que l'on suit Kinley dans son investigation, puis vers la résolution de ce meurtre autour duquel tourne tout gravite.

 

Car :

 

<Les motivations les plus profondes de tous les individus sont aussi celles qui ont trait au meurtre. Elles sont enfouies sous ces contingences de l'existence, là où les pulsions les plus archaïques règnent toujours. Par essence, le meurtre est l'affirmation répétée selon laquelle l'autre est un obstacle qu'il est permis de supprimer. Ce qui suit est la revendication la plus extrème et présomptueuse qu'une vie puisse infliger à l'intégrité d'une autre.

  

A une époque où la mort frappe à grande échelle, le mystère demeure le dernier bastion de l'individualisme romantique. Il met l'accent sur le fait qu'une vie, prise de manière illégitime, compte encore tellement dans l'univers de l'homme que le fait de ne pas arriver à découvrir comment et par qui cette vie a été ôtée contient tout ce que nous pouvons connître encore de la terreur romantique.

 

Dixit Kinley.

La quête de la vérité prend parfois des accents philosophiques et donnera à notre héros l'opportunité peut-être, de répondre à certaines questions qui le hantent.

 

Un bémol cependant, anecdotique sans doute, mais le final est abrupt, et finalement un peu brouillon. Cook prend le temps de nous dresser un beau portrait d'oiseau de nuit. Il plante le décor avec soin, et nous embarque très loin, pour ensuite tirer en deux pages toute la couverture à lui. L'argent ou le temps auront manqué. C'est dommage. Je m'en suis bien sûr remis, et vous incite à faire de même car Cook cuisine vraiment bien.

Et pour finir, malgré mon peu d'enthousiasme pour les citations, j'avais envie de vous faire partager ces quelques vers qui normalement ouvrent le roman:

 

La main qui agite la surface de la mare

Remue la vase; elle fait se lever le vent

Battre la voile de mon linceul.

Et je suis impuissant à dire à l'homme qui se

balance à une corde,

Combien de mon argile est pétri le bourreau.

                                                   Dylan Thomas.

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 18:01

biblio.jpgde Larry Beinhart est un polar intelligent et engagé. Voilà.

C'est peu dire, mais l'essentiel est pourtant là. Je songeais conclure dès lors. Mais qu'auriez-vous songé?

 

Le bouquin est une belle démonstration. Elle vaut son pesant de discours. Le propos est simple. Un bibliothécaire lambda fait des extras chez un riche, oh combien riche homme d'affaires, afin de classer ses archives avec toute l'efficacité possible.

 Mais ce riche, oh combien riche homme d'affaires traîne dans son sillage de bien dangereux requins, de la finance, de la politique, des services secrets... Par ailleurs, le président sortant, à quelques jours des élections, affronte une candidate, qui comme le dirait les Deschiens, est une jeune qui n'en veut. S'opposent alors deux conceptions de la politique, et, sur fond de guerre en Irak ou de manipulations médiatiques, l'affrontement prend de dangereuses proportions... Mais cela me rappelle que...

 

Et oui, des élections en Floride qui sentent le soufre, des chaînes de télévision qui ne couvrent pas de quoi dissimuler un nain de jardin, des financiers qui financent à tout va pour la sauvegarde de l'empire, et des complots terroristes qui n'en seraient pas. Où allons-nous ma bonne dame? Notre bibliothécaire n'en revient pas, il se croit au cinéma,  mais le voilà pourtant en cavale, talonné par les cerbères de la sécurité du territoire.

 

La réalité dépasse la fiction et l'art imite la vie. C'est bien entendu une parabole appuyée que nous allons suivre, et pas tout à fait un polar mitonné aux petits oignons. Il est salvateur de ne pas l'oublier. On pardonne allègrement de ce fait, quelques faiblesses de l'intrigue (la vieille copine qui s'avère être l'ex de..., ou la femme fatale qui)... 

 

Si la démonstration n'apporte pas d'eau au moulin des méfiants de l'audimat, ou des curieux du tronc cérébral, (après tout, nul besoin d'être Saint-Cyrien pour sentir que l'anguille sous la roche était de taille industrielle), il n'en demeure pas moins que cette représentation est pleine de force et d'élégance. Le style est clair, la construction équilibrée et l'écriture bien posée. L'impact est indéniable et c'est paradoxalement, peut-être grâce à son côté ludique. Lorsque le médicament est amer, on l'accommode, et certaines pilules doivent être avalées.

Venez donc découvrir Washington, ses paysages, ses institutions et ses jeux du cirque politiques. Si l'histoire comme disait l'autre, ne se répète pas mais bégaie, il est temps pour certains de consulter un orthophoniste avant qu'il ne soit trop tard. C'est de santé publique dont nous parlons. Malgré un cynisme de circonstance, il est temps que la plume terrasse le lion. La vox populi se devra de frapper un jour ou l'autre.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 18:08

epouvantail.jpgLe dernier pavé de Connelly vient de tomber dans la mare. Se faisant, il fit un plouf retentissant. Je me précipitai.

 

Or donc?

 

Un journaliste, Jack Mc Evoy, à douze jours de son renvoi du Times pour compression de personnel, hésite entre la colère et le découragement. Il opte pour  un dernier coup fumant. Formé à la vieille école, il tente le scoop qui dira bien haut ce qu'il pense tout bas.

 

Bing. Un jeune dealer noir est accusé du meurtre brutal d'une femme blanche. Le cynique journaliste y voit une occasion en or.

 

Bing à nouveau. Les aveux du gamin sont bidons.

 J'ai envie de dire re-bing, car lorsque notre super journaliste se met en chasse, il croisera Rachel Walling, séduisante agente du F.B.I. dont nous avions fait la connaissance dans Le Poète, et remontera la piste d'un psychopathe très méchant, très malin, et très fort en informatique.

 

Je dis même bingo, car s'il ne boucle pas l'article de sa vie, il retrouvera l'amour, la décence dont son licenciement le prive, et sauvera morale et justice ( si ça ne sent pas le déjà-vu à plein nez, j'offre un Mars, ou un Twix à mes éventuels lecteurs...).

 

Alors voilà pour le narratif. C'est peu reluisant à mon sens, mais je suis peut-être mauvaise langue. Pourtant, je suis un admirateur convaincu de Connelly. J'ai acheté tous ses livres en librairie, au prix fort. Pour défendre le petit commerce en bas de chez moi, parce que j'aime les polars, et parce que j'aime Connelly.

 

Première déception, pas de Hieronymus à l'horizon. Deuxième déconvenue, notre très cher auteur expédie en à peine cinquante pages la quasi totalité du boulot. On croise les gentils, les méchants, on sent venir le scoop, la femme est là, l'enquête, les indices et tutti quanti ou presque. C'est limite si le mot fin n'apparaît pas par inadvertance. Je grossis le trait bien sûr, mais pas la déception.

 

Ce roman aurait pu s'intituler le Poète deux, ou comment sans se fouler, prendre les mêmes et recommencer. Comme quoi, notre Epouvantail n'aura pas suffi à effrayer l'oiseau de mauvaise augure qui s'est posé sur l'arbre de ma chronique...

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 11:06

faute-a-pas-de-chance.jpgReacher est de retour. Il revient chez Seuil avec l'envie d'en découdre. Cette figure du polar américain est assez proche du chevalier sans peur et sans reproche. Avec quelques billets en poche et une brosse à dents pliable, il parcourt le pays en tous sens. Il bosse un peu, de quoi se maintenir à flot, a de grands coups de bougeotte, et enfin trouve la castagne, avec à chaque fois des casse-têtes tordus et des méchants sur-qualifiés.

 

Volant au secours de la veuve et de l'orphelin, de son pays ou de toute autre noble cause, Reacher, c'est l'Agence tous risques à lui tout seul. Il est malin comme Futé, costaud comme Barracuda, et fin stratège comme Hannibal.

 

Et puis ça rigole pas, il est capable d'entendre une balle se glisser dans un barillet à dix mètres, de dos et par temps de brume, il jongle avec les chiffres, parle un français convenable, pour deux mètres et cent kilos de machine à tuer, notre Reacher national c'est LA publicité pour super-héros. Je serais encore un gosse, j'aurais un poster de lui dans ma chambre.

 

Il revient donc. Un matin, il découvre que son compte en banque est créditeur de mille dollars de trop. Il imprime un relevé et s'apercoit que son excédent est de 1030 dollars exactement. Il en déduit donc que l'on cherche à lui transmettre un 10-30, code d'alerte militaire. Il s'arrache alors direction L.A rejoindre Neagley, ex- sergent ayant servi sous ses ordres au sein d'une unité d'enquêtes très spéciales. Il semble que d'anciens collaborateurs, rendus à la vie civile depuis des années, disparaissent ou décèdent dans de vilaines circonstances. Le premier était privé, le deuxième, responsable de sécurité pour une boîte d'armement. Les autres sont injoignables... Ca sent l'embrouille! 

 

On ne cherche pas des poux aux enquêteurs spéciaux. Une devise que Reacher va appliquer à la lettre, malgré l'âge, (et oui  même les supers-agents ont des heures de vol au compteur), une énigme bien tordue, les flics et des supers-vilains très malins, et très vilains.

 

Alors bon, c'est TRES gros, c'est TRES amerloque, genre les gentils c'est nous, les vilains c'est eux, et puis comme y a des terroristes, hein?...

Pour le reste on verra lundi, car la justice, c'est la vengeance du gagne-petit, quand on bosse pour les pros, on est pro jusqu'au bout, et on finit tout le monde.

 

Tous les persos sont tellement campés, que le sac de couchage est à bannir, on parle de monuments, inamovibles, gravés dans le roc et ciselés à l'acide.

 

Et cet opus n'est pas le meilleur. Le coup de l'hélico, les terroristes et tout ça, pour ceux qui suivent un poil Reacher, ça sent la redite, un retour de la vengeance deux, quoi.

 

Pour le reste, tout est à sa place, pas de question trop existentielle pour l'homme-Agence tous risques, malgré la crise de la quarantaine, il surgit au lever du soleil, mitraille tout ce qui fait de l'ombre à la justice, et se retire au coucher, seul et mystérieux. Chanterait-il "I'm a poor lonesome cowboy" dans sa barbe que cela ne m'étonnerait pas. Pourvu que ça dure.

 

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 19:23

canard-siffleur.jpgou la très officieuse recette du Canard Siffleur Mexicain...

 

Prenez un privé cinglé, défoncé la plupart du temps.

Deux vendeurs de poissons tropicaux, obèses et fans d'armes à feu,

un chef de gang type Hell's Angel,

un avocat boiteux, une mexicaine en cavale, une jeune maman en danger,

des révolutionnaires,

beaucoup de cocaïne,

deux puits de pétrole,

un postier porté sur la bouteille,

un gendarme cancéreux,

une intrigue aussi claire que du smog sous L.S.D.

Secouez le tout,

dans tous les sens,

encore une fois, pour être à l'ouest de tout, perdus sans boussole et fiers du résultat...

Avalez la mixture cul-sec.

 

Et hop, abracadabra ou viva Zapata.

Le soufflé ne se lève pas tant que ça. Bah, tant pis, j'aime le crumble. J'aime la bouillie, j'aime le n'importe quoi, et j'aime Crumley. J'ai peut-être tort, mais la vie parfois, semble aussi claire que du jus de boudin, et écrire comme dans de la purée de pois me donne envie de lire pour oublier la semoule, le grain ou l'ivraie. Qui est le plus fou lorsque rien n'a de sens? Celui qui s'acharne à l'ignorer, ou celui qui se perd en conjectures, bitures et déboires pour émousser les tranchants de cette sinistre conjoncture?

 

L'avenir ne nous le dira pas, mais certains mots, certaines lignes dans leurs mensonges, diront des vérités à ceux qui n'en ont pas.

Et toc. 

 

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Plusieurs cordes...

... A mon arc?

Mon beau-père, paix à son âme,  me disait souvent qu'un touche-à-tout,  n'était bon nulle part, mais mauvais en tout!

Ce bon sens,  un peu terre à terre m'a toujours fait sourire.

Pas forcement pour les raisons auxquelles l'instigateur du proverbe pouvait songer!

Le dilettantisme est une forme d'art que la morale méprise. Et bien, si se consacrer aux arts,  par pur et simple plaisir de la chose est un crime, sachez que je suis un criminel.

Je réflechissais à tout cela, car mon ouvrage informatique, s'il colporte honnêtement mon amour du polar, vous déroutera  peut-être  par ses vélléités poétiques.

Mea culpa mes amis. La faute m'en incombe, et je vais tenter de m'expliquer...

J'en reviens à cette superbe maxime à l'origine de ce texte, et,  j'ai envie de lui assener cette autre pépite du genre: Ne s'attendre à rien, c'est être prêt à tout!

C'est ainsi, avec cette toute orientale tournure d'esprit que j'ai conçu cet espace.
Je laisse aux mots, toute lattitude pour prendre la parole...

J'espère, bien sincèrement que vous apprécierez mon outrecuidance, et que mes errements ne vous lasseront pas! Ou alors, pas tout de suite!

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