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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 18:52

himes.gifPas tant pour le quart d'heure américain que pour le quart d'heure nostalgie. Un genre de "souvenir, souvenir" littéraire, qui je l'espérais, ne sentirait pas trop le formol.

 

J'avais en tête Cayl Chessman et son épopée carcérale, ou, Qu'on lui jette la première pierre de Himes, puis la découverte des aventures de Cerceuil et Fossoyeur.

 

J'écoutais à l'époque religieusement, Hooker ou Jerry Lee, et cassette oblige, se repasser un morceau, prenait du temps.

 

Pour être sincère, je le fais toujours, et Last man standing de Lewis encore dans les oreilles, j'assume totalement.

 

Alors, il y a peu, je me suis dit comme ça, je prendrai bien du rab, et j'ai taxé un exemplaire défraichi de La Reine des pommes.

 Pour le fun, quoi.

 

Et puis, la nostalgie n'étant plus ce qu'elle était, je me suis rendu à l'évidence, pieds et poings liés. Les lignes de tonton Chester, tenaient plus que le coup, et sans forcer. Malgré les années, malgré l'argot, l'histoire ou sa morale. 

Et tout ce qui fatalement s'ensuit du bien triste postulat que voilà, si les années se suivent, et ne se ressemblent pas, elles nous enterrent tous.

 

Mais, les livres eux, demeurent, car les mots nous survivent. 

Fossoyeur et Cerceuil les flics cinglés aux "38 specials" bien spéciaux, leur quartier et leur époque, pour qui veut s'en donner la peine, grouillent encore de vie.

 

Alors, bienvenue à Harlem.

Escrocs minables, combines pouilleuses, femmes fatales, alcools frelatés, immeubles et ruelles infâmes. Clodos miteux, et esclandres en tout genre, bouges et flingues, ce quartier noir offre, nombreuses attractions et dangers en tout genre.

 

Voyez-vous, Jackson qui bosse dans un salon funéraire, est une poire, ou une pomme, bref, un fruit pas bien vif. Pour épater sa douce, il tente un coup fumant.

Mais lorsqu'il se fait plumer, en honnète chrétien, il s'en remet au seigneur pour guider ses pas vers le salut. Vers son fric, sa femme et ses associés bien allumés, en louvoyant entre des flics costauds, et un frangin travesti.

 

Sur leur piste, entre les coups durs et les grosses gaffes, le lecteur se voit offrir une virée gratos et pittoresque dans la ville noire.

 

Je ne pensais pas vraiment savourer pleinement le trip. Juste me dorer l'oeil vaguement, en songeant au passage des ans et à ma puberté.

 

Tant pis pour moi, j'en suis marron, comme dirait l'autre, car la magie opère encore. N'attendant que le lecteur.

 

Montez donc dans le corbillard de Jackson, très chers frères et très chères soeurs, la place du mort n'attend que vous.

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 18:02

dernier-baiser.gifde Crumley, s'est appellé un temps, chez 10/18, à sa sortie en 86, Le Chien ivre.

Et bien qu'étant très moyennement inspiré, par la plupart des titres à la française, racoleurs, ou plus simplement mauvais, je trouve pour le coup que celui-ci a du chien.

Le titre original étant The last good kiss, Le Dernier baiser a le mérite d'être fidèle.
Mais tout de même.

Le Chien ivre. Ca en jette, et ça tient bien la route.

Fireball Roberts est un bouledogue alcoolique, il carbure à la bière. 
Chez Rosie, bar cradingue de Sonoma, où Sughrue le privé récupère Trehearne, l'écrivain ivrogne, pour le compte de son ex-femme.
Le clebs fait figure de mascotte, de client, et de videur psychopathe.

Sughrue apparaît ici pour la première fois.
Il est privé, frappé, et bosse à Meriwether dans le Montana.

Ca vous rappelle rien? Son ancien associé, est un privé alcoolo, ancien spécialiste du divorce. Une génération les sépare, l'un a fait la Corée, l'autre le Vietnâm, mais ils sont le revers d'une seule médaille. Ce qui les sépare, les rapproche peut-être.
Sans vouloir jouer les mystérieux.

Ces deux héros, timbrés, ivrognes et cabochards, sont des frères d'armes, vieux soldats usés par la guerre ou les guerres, la vie et sa laideur.
Auto-destructeurs, mais romantiques pourtant. Hantés par la femme, les femmes, le sexe, l'amour peut-être...

Sughrue rattrape son écrivain pour courir après un fantôme. Une fugueuse, disparue il y a dix ans, 87 dollars en poche, et un rêve en bandoulière.

Une photo à la main, son arsouille d'écrivain à la remorque, et les voilà partis aux quatre vents.

Plateaux pornos ou communautés hippies, souteneurs ou ex-boyfriends, notre fugueuse laisse derrière elle des coeurs brisés et des corps fiévreux.

Comme souvent, Crumley nous propose un road-movie sans réelle urgence narrative.
Errance, puis obsession.

Toujours la drogue, et encore la boisson, des paysages sauvages pour compagnons de route, et la dérive de nos héros comme seul fil conducteur.

Ainsi qu'il en va du travail d'un artisan à l'ancienne, le charpentier, s'il ne donne pas au bois sa forme, l'accompagne jusqu'au travail fini, alchimie délicate entre le vouloir, et le bois.

Il en est de même ici, qui de l'histoire ou du conteur dirige vraiment nos pas?

Je ne sais pas trop, mais de ce chemin, une chose demeure, cartes et boussoles ne serviront pas, seul le voyage aura du sens. 

Pour les vadrouilleurs, les arsouilles, ou les "clochards célestes", voilà encore un trip à la sauce Crumley.

C'est pas nouveau, mais je trouve ça toujours bien.
Et pan.

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 08:34
peace-copie-1.gifdu très british David Peace, est le premier mouvement d'un quatuor, regroupant 1977, 1980, et 1983, sous le nom de Red Riding Quartet.

En cette année qui ouvre le bal, Dunford journaliste criminel à l'Evening Post, enterre son père, et tente de couvrir ce qui s'annonce comme la grosse affaire de sa carrière, la disparition d'une fillette des environs, Clare Kempley.

Il s'apercevra bientôt qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de Leeds. D'autres fillettes manquent à l'appel, flics véreux, hommes d'affaires corrompus ou politiques fantoches ... La liste est longue, lancinante litanie portée par une écriture lapidaire.

Dunford sillonne le Yorkshire et s'acharne, malgré les menaces, les coups, puis la torture. Et, car si tout est lié comme il le répète, rien ne sera épargné.

Ce livre exsude ce que le malsain, et le désespoir ont de plus corrosifs.
Certaines pages flirtent avec la pornographie ou le scatologique, avec ce que l'homme a de plus obscène. Sans pour autant proposer d'échappatoire. Dans cette Angleterre froide et humide, Dunford ne creusera que des tombes.

L'intrigue est souvent juste esquissée, le narrateur donnant voix au récit, faire la part de ce qu'il échaffaude, de ce qui est, ou de ce qui pourrait être, s'avère périlleux. Tout comme l'horreur à outrance, peut prendre à la gorge certains lecteurs.

Il n'en demeure pas moins, que cette plongée funèbre dans l'inommable, est un coup de poing littéraire.

Car s'il y a deux types de personnes, ceux qui creusent, et ceux qui ont les pistolets chargés, certains, encaisseront la charge, d'autres non.
Certains crieront au scandale, d'autres au génie.

Je pense simplement que vais lire la suite. 


  
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 17:03
rashest le premier roman traduit par chez nous de Ron Rash, qui se revendique écrivain du Sud.
Ben je suis bien d'accord avec Ron.
Le sud est là.

Comme le disait Hemingway: il desendait à la rivière, et la rivière était là.
Ben, Ron nous le dit, nous l'écrit, et le Sud, on le lit à plein nez.

Rash a publié trois volumes de poèmes, et son bouquin a une manière de causer dans le poste, qui me fait songer, qu'il est pas poète juste pour faire joli sur le C.V.

L'histoire est simple.

Holland est revenu de Corée avec trois médailles et pas un bleu, mais aujourd'hui, il n'est pas revenu chez lui manger.
Maman Holland le sait bien, junior est mort.
Alexander, shérif, mais fils de fermier, le sait tout pareil, le gars est mort, et c'est le Billy qu'a fait l'coup.
Car le Holland, prenait de drôles d'aises avec m'dame, lorsque monsieur trimait aux champs. L'affaire s'annonce plus claire qu'une vodka, dans une verre en cristal neuf.
Mais voilà qu'le Billy, y l'a disparu le corps, et qu'on y trouve pas d'erreurs dans le témoignage, qu'sa dame le couvre mieux qu'une couverture l'hiver, et qu'les gars d'la battue sont bredouilles à draguer la rivière...

Alors?

Le reste appartient à l'histoire, et nonobstant le patois de péquenaud que je vous étale pour faire le malin, ce roman noir et rural est rugueux à souhait. 

Il nous conte à cinq voix, une terre sur le point de disparaitre, engloutie sous les eaux du progrès (un barrage en construction), mais aussi la fin d'une époque.
Exit les petits fermiers acharnés des Appalaches, malgré la terre, le sang, la sueur et les larmes.

Je ne peux pas estampiller la bête, polar, policier ou thriller, ni même une étiquette s'en approchant, mais bien lui donner l'A.O.C de roman bien du Sud, avec une grosse majuscule, sudiste et fier de l'être, en plus.

Poussière, chaleur, fermiers endettés, superstitions et rumeurs, coups de sang, rancunes, et le souvenir des indiens du bled, lorsque les blancs sont apparus.

L'écriture est belle, le parler évocateur, et le drame omniprésent, vraiment. 
Parlons peu, parlons bien, j'ai accroché, et j'espère que ceux qui se pencheront dessus, feront de même, alors, avant de sombrer dans le bourbon, en écoutant Johnny Cash j'arrête de dégoiser et je vous laisse avec les quelques vers qui ouvrent le roman:

Un pied encore au Paradis, je me tiens
Et mon regard traverse l'autre terre.
Le Grand Jour du monde arrive en retard
Pourtant qu'ils semblent étranges
Ces champs que nous avons ensemencés
D'amour et de haine.

E. Muir
(Traduction d'Alain Suied)
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 11:15

serpents-de-la-frontiere.gifou une enquête des privés Milo Milodragovitch et C.W. Sughrue, comme nous l'indique la quatrième de couverture, marque la rencontre des deux héros de Crumley.

La bibliographie n'est pas très claire à ce sujet. J'avais lu Fausse piste, puis La danse de l'ours, et voulais entamer le prochain 'Dragovitch dans l'ordre de parution.

Mon libraire, moi, puis Wikipédia furent mis à mal, car il semble que si Sughrue mène deux ou trois enquêtes, Milo quant à lui réapparait une première fois à ses côtés, non pas dans cet opus, mais dans Folie douce...

Mais qu'importe. On peut profiter du livre sans avoir les exactes références, ou savoir qui fait quoi, quand et pourquoi très précisément, loin s'en faut. 

Milo se fait dépouiller par un banquier véreux, Sughrue se fait plomber près du Mexique. Nos deux compères décident donc de s'épauler pour faire le ménage, et récupérer le blé. 

Nous allons les suivre dans un road-movie déjanté, derrière le fric, puis des narcos-trafiquants, des starlettes de cinéma, un journaliste underground obèse, dans tout un tas de bleds, à la poursuite d'une dernière chevauchée.

Si les deux vieux chiens ne savent plus très bien pourquoi ils montrent les dents, ils sont certains de vouloir mordre une dernière fois, malgré la trouille, la vieillesse, ou la vanité de tout cela.

L'intrigue est passablement embrouillée, grosses défonces, femmes et paysages, fusillades et coups de théatre se confondent presque, toile de fond criarde derrière la scène. Un trip à l'acide vautré dans une grosse américaine, entre deux montées, et trois paysages, mille kilomètres nous séparent déjà de notre point de départ.

Mais n'est-ce pas là ce qui me séduit? Après tout, ce bric-à-brac, a quelque chose du "Bloody Sam" Peckinpah de La horde sauvage.
Les dernières scènes voient se rencontrer le western le plus grand-guignolesque et le tragique. Femmes fatales aux yeux de braises, mais au coeur de pierre, hommes de main, gangsters et aventuriers se retrouveront, s'affronteront et mourront dans ces dernières pages, au coucher d'un soleil de sang sur la frontière poussièreuse.

Crumley, c'est comme le tord-boyaux des Tontons flingueurs, on ne sait pas bien avec quoi, ni comment s'est fait, mais lorsqu'il incendie les gosiers puis le reste, on s'en moque bien.

Avis donc aux estomacs bien accrochés, avides de boissons fortes et de sensations extrèmes!

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 17:17

l-assassin-de-l-agent-de-police.gifest le neuvième des dix volets du "roman d'un crime" des suédois Sjowäll et Wahlöö, publiés à l'époque chez 10/18, sans doute épuisés. 

Rivages / noir nous propose l'intégralité de la série depuis peu.

Il y a différentes raisons d'aimer un livre, et différentes façons de l'exprimer.

On peut apprécier l'intrigue, son suspense, les personnages, le contexte, l'écriture. On peut de même vanter tout cela, citer le texte abondamment, ou appâter le chaland en jouant les mystérieux, miser sur l'ellipse plutôt que sur la surenchère.

Il est des livres qui s'oublient la dernière page tournée, d'autres qui, à l'instar des millésimes, s'améliorent avec le temps, ou serait-ce l'âge qui nous ouvre le regard?
Je ne puis être catégorique sur ces points.

Une chose cependant me semble limpide, ce livre, s'inscrivant dans une série écrite à quatre mains il y a trente ans, présente l'énorme mérite, de se lire toujours aussi bien. Pour tout un tas de raisons.

Son style sans fioriture, ses intrigues solides et réalistes, ses histoires secondaires attachantes, sa revendication sociale, qui  je le rappelle, en ces jours de consumérisme, et de capitalisme effréné, demeure salvatrice.

Les préfaces sont des morceaux d'anthologie, écrites par des grands du genre (que du beau monde). Elles ouvrent avec efficacité chaque opus, et leurs auteurs insistent souvent sur le côté visionnaire des fictions qu'ils présentent.

Dans une Suède d'époque, dépeinte avec justesse et talent, la plupart des problématiques abordées, voire certains des événements imaginés, se sont régulièrement vus concrétisés.

Cette fois nos héros reviennent, avec la disparition puis le meurtre avéré d'une femme, à deux pas des pénates d'un criminel sexuel notoire relaxé depuis peu.

Entre les pressions d'une hiérarchie médiocre et de plus en plus militarisée, des médias avides de viande froide, et un suspect idéal, Beck et son équipe ont fort à faire.

Lorsque de plus, des policiers tombent sous les balles d'un jeune délinquant à la dérive, et qu'une chasse à l'homme nationale se met en branle...
...Rien ne va plus.
Cet épisode donnant d'ailleurs son titre à l'ouvrage teinte l'ensemble d' une ironie corrosive et réjouissante.
Je n'en dirai pas plus. 

Comme à chaque fois, appuyant l'argumentaire politique, nous retrouvons cet humanisme profond et ce bon sens bien prosaïque, dont les connaisseurs sont coutumiers. 

Les petits, les fragiles, comme les criminels endurcis, ne sont pas diabolisés.

Ils sont d'ailleurs tellement proches de nous, lecteurs, que le crime devient le levier grâce auquel le livre soulève la roche et son anguille.

Biotope dont nos sociétés devraient se soucier, avant qu'il ne soit trop tard, et que leur prolifération aie détruit notre habitat.

Tout cela est, pourtant, bel et bien ordinaire mais passe comme une lettre à la poste. Nous oublions alors trop rapidement avec quel brio cela a été fait.

J'offre ici un bref extrait d'une laconique efficacité:
Ils parlèrent pendant une heure ou deux. De toutes sortes de choses.
Deux hommes qui avaient tué.

C'est à cela que l'on estime le travail d'un expert, on se l'imagine inmanquablement facile.

Je ne suis pas pro, tout juste un amateur, je ne peux donc que vous faire partager mon enthousiasme ( encore une fois ) , et vous conseiller plus que vivement de vous procurer un, voire tous les volets de cette série suédoise.

Pas plus, mais pas moins!

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 18:48
A ces choses que l'âge fait briller,
Acres alcools, tristes chansons,
Femmes douces, feuilles mortes, arrière-saisons,

Je bois et,
Me fais le devoir,
De ne pas les croire,
Condamnés.

J'ai pourtant mal, à cet endroit,
A l'ombre de mes pas,
Où ne me répondra,
Qu'un écho, celui de ma voix.

C'est dans ce verre,
C'est à cette heure,
Dans l'eau de ce feu,
Que brûlent, cordes et noeuds.

Je bois à cet espoir,
Car il est bientôt mort,
Et je boierai encore,
Lorsque viendra le noir.

A ces choses que l'âge fait briller,
Pour mieux nous en dépouiller,
Acres alcools, tristes chansons,
Femmes douces, feuilles mortes, arrière-saisons,

Je bois.
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 18:58
price.gifest le dernier ouvrage de Richard Price publié en France aux éditions Presses de la cité.
Je tiens d'ailleurs à remercier Armande pour le prêt.

Dennis Lehane affirme que Price est le plus grand des dialoguistes américains, morts, ou vivants. Selby junior, qu'il est un grand artiste. Le Times que...
Mais entre nous, on s'en fout.
La, ou les critiques, ne sont jamais que des indices, la mienne y compris.

Le résumé de la quatrième de couverture ne fait guère mieux lorsqu'il annonce:
En attendant de devenir célèbre, Eric Cash gère un restaurant dans le Lower East Side, un quartier de New-York à double visage avec ses lieux branchés pour bobos et ses vieux immeubles où cohabitent dealers et immigrés. Deux mondes qui entrent en collision quand Eric et un de ses barmans se font braquer un soir de bringue.

Tout cela,  comme le disait Pirandello de la vérité...

Cette oeuvre, est une polyphonie.
Le crime, n'est que le premier mouvement d'une symphonie de voix, d'histoires, ou de vies, cercles concentriques autour du meurtre.

Celles de Cash le gérant, celles des braqués, des braqueurs, celles des ados d'une cité voisine, immigrés, artistes, flics, journalistes, mères célibataires...
Les flics, la famille, les familles, les médias.

C'est une foule de personnages qui s'entremèlent inextricablement autour de cet événement, somme toute assez banal à  New-York.

Cet incroyable édifice littéraire, est bien plus qu'un roman policier.
La véracité quasi-documentaire des dialogues, l'humanité qui se dégage de l'ensemble, ou le manque délibéré d'effets, sont du ressort de la chronique.

Le polar, pour moi, n'est ici qu'un porte-parole.
Ici, des mondes, des vies, des misères, se croisent, s'entassent malgré les murs, les quartiers, les races, les langues, ou les professions.

Je n'ai pas vu de parabole, saisi de morale, ou découvert la foi, mais le livre m'a happé.

Cela me suffit.
Pour le recommander à mon tour, pour me dire que je vais en lire d'autres.

Ou songer que si l'art imite la vie, l'artiste parfois insuffle à ses mots tant de force, que du factice ou du mensonge, entre deux répliques, et trois mots, c'est la lumière qui se fait, sur la scène, comme ailleurs.   
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 18:00
gruley.gifse consomme très frais, mais nous est, plus que chaudement recommandé.
Coben, Connelly, la critique, les critiques, les échos, tout ici, est élogieux.

Gus, le narrateur, est un journaleux comme je les aime.
Cafardeux, et son canard est boiteux. Hi, hi! 
Son bled, qui donne son nom au livre n'a rien de notable, car il ne s'y passe pas grand-chose d'autre que pas grand-chose, depuis des plombes.

Le genre de petite communauté soudée perdue au milieu de nulle part, où tout le monde se connaît plus ou moins, pour le meilleur, ou le pire.

Seul cataclysme à l'horizon, la disparition inexpliquée du coach de l'équipe de hockey locale, après leur défaite aux championnats, faute en incombe au gardien, notre héros...

Pas de quoi en faire un roulé au jambon.

Mais, pour avoir soulevé cet épineux problème avec un supporter autochtone, un soir de finale, accoudé au comptoir, entre trois footeux imbibés, je sais par expérience, que la rancoeur peut se montrer tenace, particulièrement dans ces petits villages à priori sans histoire.

Mais ne nous égarons pas. 

Car soudain, le lac recrache le motoneige du célébrissime, et mystérieux entraineur! 
C'est tout un passé plus que trouble qui émerge alors.

Notre journaleux, toujours cafardeux (découvrir le pourquoi est assez prenant), va donc mettre le nez, et les pieds, dans le plat, afin de faire toute la lumière sur cette triste affaire.

Suicide? Meurtre? La tension, comme les tensions, montent...

Notre cher correspondant, Augustus de son vrai nom, pour ne citer que lui, va nous mener vers un dramatique, mais je suis bien en peine de vous l'avouer, assez peu surprenant dénouement.

Pour ne pas choquer, dans la blancheur du paysage, et ne pas perdre le fil de la métaphore, je dirai que la montée du suspense est quelque peu gâchée, par le gros fil blanc qui tient le paquet.

Blanc, sur blanc, pourtant, c'est du ton sur ton...

Et c'est un peu dommage, car passé le cap de la première entame, la neige est fraiche, et j'ai pris plaisir à la descente.

Le domaine, est trop balisé à mon goût.
On ne savoure pas pleinement le dernier slalom...

Malgré ces quelques réserves, c'est un bon gros bouquin à l'américaine, à déguster engoncé dans un bon gros fauteuil, lorsque le vent hullule, et que la nuit tombe sans se faire mal.

Pour un coup d'essai, car c'est un premier roman, c'est bien placé.
Du bon ouvrage, sans surprise, mais confortable.

Comme une doudoune.
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:06
Les rues sont tristes,
Où les enfants disparaissent.
Les salles qu'emplissent,
Cris et chants, soudain paraissent,

Fausses. Et la chaise, puisse
T'elle souffrir, s'affaisse.
Nul murmure ne bruisse,
Le silence, s'amasse.

L'innocence, et sa crasse,
Luttent, vagissent, s'effacent.
De ces menaces, surgissent,
Blessures, et semonces.

Les passants aigris, aux restes,
De ceux que l'on regrette,
Lorsque le glas, sonne la peste,
Songent, le vent meurt aux aigrettes.

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Plusieurs cordes...

... A mon arc?

Mon beau-père, paix à son âme,  me disait souvent qu'un touche-à-tout,  n'était bon nulle part, mais mauvais en tout!

Ce bon sens,  un peu terre à terre m'a toujours fait sourire.

Pas forcement pour les raisons auxquelles l'instigateur du proverbe pouvait songer!

Le dilettantisme est une forme d'art que la morale méprise. Et bien, si se consacrer aux arts,  par pur et simple plaisir de la chose est un crime, sachez que je suis un criminel.

Je réflechissais à tout cela, car mon ouvrage informatique, s'il colporte honnêtement mon amour du polar, vous déroutera  peut-être  par ses vélléités poétiques.

Mea culpa mes amis. La faute m'en incombe, et je vais tenter de m'expliquer...

J'en reviens à cette superbe maxime à l'origine de ce texte, et,  j'ai envie de lui assener cette autre pépite du genre: Ne s'attendre à rien, c'est être prêt à tout!

C'est ainsi, avec cette toute orientale tournure d'esprit que j'ai conçu cet espace.
Je laisse aux mots, toute lattitude pour prendre la parole...

J'espère, bien sincèrement que vous apprécierez mon outrecuidance, et que mes errements ne vous lasseront pas! Ou alors, pas tout de suite!

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