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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 18:28

ligne-noire.gifL'impatience me ronge, tel le ver un vieux meuble, car c'est désormais officiel, le dernier Lee Child, c'est pour bientôt, très bientôt, tellement bientôt que mon libraire va porter plainte pour harcèlement tant je fais le siège de son auguste commerce.

 

Mais que le temps semble long au lecteur affamé.

C'est compulsif le manque.

 

Il faut que je rassasie la faim qui est la mienne sans avoir vraiment de quoi me mettre sous la dent. D'où l'idée du casse-dalle, et du Lansdale. Le coupe-faim. Le casse-croûte, le sandwich, traditionnel jambon-beurre, mythique américain...

 

Et me voilà au volant d'une Lansdale 55 décapotable, le cheveu ras, mais au vent.

Des heures de vol au compteur, mais une suspension impeccable. Aussi confortable qu'un jean trop passé, ou qu'une paire de baskets aussi douces qu'éraflées.

 

J'entame encore Sur la ligne noire, pour une poignée de minutes, juste quelques-unes.

Mais j'aime profondément les sandwiches. Bouchée après bouchée, ligne après ligne, les pages se tournent.

 

Stanley a treize ans, son papa bosse au drive-in. Sa soeur porte des jupes à carreaux, les choux et les roses sont encore monnaie courante...

Nous sommes au Texas dans les fifties, et Stanley course le clebs à l'orée des bois, ou bien le clebs course Stanley, après tout, à treize ans... La ségrégation n'est pas un terme obsolète, et lorsque Stanley découvre une baraque en ruine et une vieille boîte en fer contenant de vieilles lettres d'amour, il ne se doute pas vraiment que la résolution de ce qu'il pense être une piquante énigme va lui ouvrir les yeux sur un monde plus obscur que prévu. En compagnie d'un vieux projectionniste black, alcoolique et lunatique, ex- flic d'une réserve indienne, notre jeune détective en herbe verra du pays.

 

Ce roman atypique que Lansdale saupoudre de nombreux condiments peut se manger à toutes les sauces comme on dit. Polar ou roman initiatique, car Stanley et les autres prendront de la bouteille, mais surtout, conte à dévorer comme une bonne grosse histoire dont les gosses raffolent. Avec de bonnes grosses ficelles, des gamins débrouillards et un chien fidèle.

 

On pourra toujours me dire "ça n'est pas de la grande cuisine", on pourra toujours bouder et penser que ça sent le réchauffé, car le livre se fait vieux.

J'avais déjà lu le livre, et ben je l'ai relu.

 

Je ne saurais donc le répéter assez souvent. LISEZ du Lansdale, c'est bien.

Et l'écrire, plus ou moins ponctuellement, plus ou moins bien, mais en y croyant sincèrement.

Ca compte non?

 

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 18:25

Voilà la dernière page du dernier volet derrière moi. Quelques jours pour digérer, tenter d'en faire la synthèse et coucou me re-voilou.

 

Pas facile facile car Peace est une canaille, et jusqu'au bout. Son quintet joue le blues jusqu'au bout de l'impasse, dans le mur, puis entre les pierres, direction le mortier. Pour ceux qui connaissent, mon avis sur la question n'illuminera pas les ténèbres. Pour les autres, ma chandelle sera peut-être utile.

 

1974.jpgUn bref rappel avant d'entamer les choses sérieuses: 1974, Dunford est reporter, nous sommes à Leeds, une fillette a disparu. C'est une série de disparitions que notre gratte-papier va couvrir, et tout un panier de crabes qu'il va découvrir. Magouilles immobilières et/ou politiques, meurtriers et pédophiles, policiers corrompus, ça grouille, et ça grouille encore, jusqu'au final qui sent la poudre. Ca se boit noir et sans sucre, un whisky pour faire passer éventuellement.

 

1977.jpg1977, Bob est flic et l'éventreur du Yorkshire court toujours. Un marteau et un tournevis en main, quelques prostituées à son actif, notre travailleur est bien décidé à faire carrière. Il ne compte plus ses heures sup' et nos amis les flics patinent loin derrière, lorsqu'ils ne s'en mettent pas plein les fouilles avec la came, les filles ou le porno. Bob sera bien en peine de tenir la marée, entre sa femme qu'il trompe, et ses collègues qui le trompent, cette équipée laissera un goût amer dans la bouche de la justice.

 

1980.jpg1980, Hunter est envoyé au casse-pipe. Notre monsieur propre doit laver le linge sale qui s'accumule dans la machine policière. Des meurtres qui ne coïncident pas avec les schémas, des dates et des lieux à vérifier, des flics à suivre, et des flics qui vous suivent d'un sale oeil, car les vendus sont prêts à tout, jusqu'au tomber de rideau acéré comme la guillotine sur le col du condamné.

 

Voilà pour le bref, bref rappel des premières mesures de ce gros morceau concocté par Peace. Passons maintenant au final, 1983 qui voit s'achever la partition.

 

1983-fnac.gifPiggot est obèse, il est avocat et se voit chargé de la défense en appel d'un condamné lors d'une affaire de meurtre d'enfant en 1974. Mais une autre disparition, un autre accusé, puis son rapide suicide changeront-ils la donne? Ce dernier morceau est joué à plusieurs voix. Jobson, un des policiers vendus, Piggot l'avocat, B.J. l'éternel témoin en cavale que l'on croise dans tous les bouquins, et quelques autres dont je tairai le nom afin de ne pas cracher le morceau. Je ne voudrai pas gâcher la surprise à ceux qui se lancent, car la plupart des réponses gît ici ...

 

Mon avis sur la question maintenant. C'est sombre comme le cul de l'enfer nous dirait Lansdale. Peut-être trop sombre, car lorsque rien ne va plus et que tout empire... Comme si cela ne suffisait pas, la plupart des gens de bien que l'on croise dans toute cette  noirceur souffrent mille maux, et ne voient guère de lumière les auréoler. M'étant attaché à certains d'entre eux, je le regrette.

 

L'écriture est plus que particulière. Beaucoup de répétitions. Des passages oniriques et des non-dits. Peut-être à outrance. Le lecteur peut facilement se perdre, ou déclarer forfait bien avant la fin.

 

Que retirer alors de la traversée de ces années noires? Une tristesse immense tout d'abord. Ces morts, ces souffrances, ces errements. Un dégoût dévastateur ensuite. Pour cette époque en plein marasme. Pour ces gens bornés ou conservateurs, ces institutions corrompues et cette société toute entière qui vit le meurtre et la souffrance, qui toléra la corruption, pour s'attacher à la poursuite de l'argent au détriment du reste. Nous nous verrons enfin énoncer cette terrible et simple vérité: tout le monde savait et son implacable corollaire, tout le monde s'en foutait.

 

Un gros coup de poing, qui se déguste parfois comme des ongles sur un tableau noir, ou un sac plastique sur la tête, car ça frôle la torture littéraire.

 

Je ne regrette pourtant pas d'avoir fait toute la route avec Peace. Les amortisseurs étaient nazes, la route défoncée, le paysage morne et la musique triste. Mais la place du mort m'allait comme un gant. Je m'extirpe tout juste de la caisse, et regardant derrière mon épaule je me dis qu'il y avait quelque chose dans cette virée. Peace m'aura touché, malgré l'horreur, et c'est à ça que je reconnais le truc. Je ne l'explique pas vraiment, mais je le sens.

 

 Pour ceux que le rallye attire, accrochez vos ceintures, et plein gaz, la route vous attend...

 

 

 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 18:36

poisson.jpgpar le teuton Volker Kutscher nous fait partager la première enquête du commissaire Gereon Rath. Nous sommes à Berlin, nous sommes en 1929.

 

Venu de Cologne pour fuir un passé douloureux, notre commissaire débute aux moeurs à la section E. Poste peu glorieux pour notre ambitieux héros qui souhaite intégrer la criminelle et faire partie de l'élite de cette police berlinoise. Démanteler un réseau de pornograhes ne s'avère pas si glamour que cela. Interroger des acteurs libidineux ou des professionnelles vindicatives... Lorsque par un caprice du destin, il se voit en possession de l'identité d'un cadavre sans nom, il s'imagine déjà "en haut de l'affiche" .

Le voilà en quête d'un russe disparu. De cabarets en cabarets, parmi les fumées toujours très bleues de ces nuits jazz et de ces années folles.

 

L'auteur est historien, et sa maîtrise du sujet est évidente. C'est solide, c'est bien documenté. Il nous fait découvrir la faune interlope de cette trouble période: la révolution rouge et ses ardents partisans ou le tsarisme et ses défenseurs acharnés. Nous assisterons aux débuts du nazisme ou au ballet de groupuscules plus ou moins révolutionnaires que l'époque enflamma. Sur les talons de Gereon, le lecteur plongera dans les tourbillons de l'histoire avec un grand H, et dans l'aventure la plus débridée. Comtesse en détresse, mafieux classieux. De l'or et des espions, des nazis, j'en passe et des meilleures!

 

C'est un beau pavé que Volker nous a pondu. Un peu trop parfois. Quelques longueurs, quelques lourdeurs. Pas de quoi en faire des aigreurs, mais enfin...

Des rappels jalonnent régulièrement les tâtonnements du lecteur, et c'est tant mieux.

 

Notre héros est, au demeurant, pas si sympathique que cela. Je ne sais pas si cela s'inscrit en pour ou en contre. Original, mais peu emballant car on peine parfois à s'attacher à lui, ou bien emballant parce que justement... Car Rath veut grimper de l'échelon. Notre jeune loup est ambitieux, carriériste, peut-être même arriviste? Pour impressionner papa, ou pour impressionner les filles, qui sait. Rath veut briller, et son flegme, tout prussien qu'il soit, peut ne pas séduire. Sa morale est à l'avenant d'ailleurs, et de ses errements émanent un parfum de soufre.

 

J'apprécie cette ambiguïté, elle ne fera peut-être pas l'unanimité. 

 

Mais bon. Il porte un feutre, et c'est la classe. Les jolies secrétaires ont des tailleurs, les méchants de l'érudition. Il y a même un chinois! C'est pour vous dire que le mystère imprègne ces pages de son entêtant parfum, non? 

 

Pour ce que j'en sais, la deuxième aventure de Gereon est en cours de traduction, et je m'en réjouis. Lorsque l'histoire est en marche, autant ne pas rater son train. Je réserve mon ticket dès à présent, et vous souhaite un agréable voyage en sa compagnie! 

 

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 12:27

Qu'aura donc le juste?

Couronne et tombeau!

Le riche, un buste,

Guettant le caveau.

 

Tous mendièrent l'espoir

D'un matin le soir,

Ils étaient nombreux.

 

La nuit les a bus,

Car elle vient, et tue.

Heureux les vaniteux,

 

En noires processions,

A scander leurs promesses,

Eternelles liesses,

Tardives libations;

 

Chantant pour les morts,

En un vain effort,

Pour combler les cieux.

 

Les doigts vers le sol,

Conjurent-t'ils le sort,

L'abîme ou la mort,

A payer l'obole?

 

 

Ils iront fleurir

Tous, les mêmes lauriers.

Le bon, l'usurier,

En terre à pourrir,

 

 

Au son des cantiques,

En noires processions,

Malgré les onctions,

Et les basiliques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 15:34

bruen-requiem.gifest pour votre humble serviteur l'occasion de taquiner le Bruen nouveau. Mon cher Kenny sort chez Fayard un polar. Ce n'est pas un R&B, ni un Taylor. Une variation peut-être, si vous me passez le terme.

 

Shea est irish, et bon teint. Il est gardai, joue au hurling et collectionne les chapelets.

C'est aussi un grand malade dont le passe-temps est d'étrangler des femmes. Dans le cadre d'un échange avec le N.Y.P.D. , il magouille ce qu'il faut pour embarquer direction les States. Débarquant en conquérant, notre sympathique psychopathe se voit déjà croquer dans la grosse pomme. On lui assigne alors un équipier du tonnerre, Barka, accro du matraquage et vendu malgré lui. Sa soeur retardée est en institution, et la gentille Lucia coûte un pognon fou. Un triste salaire de fonctionnaire n'y suffisant pas, le flic palpe chez les ritals. Et ce joyeux merdier d'arpenter les rues de New-York afin d'y faire régner l'ordre et la loi, version Bruen. 

 

Voilà en gros pour l'histoire. Mais comme en cuisine, c'est à la cuisson que la recette se révèlera, et sous la casserole, la chaleur monte...

 

La griffe de Bruen est intacte, des paragraphes brefs et des persos hallucinés. La violence et l'absurde allant de concert, et ses habituelles miscellanées pour lancer un nouveau chapitre. L'écriture est percutante et l'intrigue plutôt légère.

 

Ses détracteurs pourraient se rengorger, dire que c'est esquissé plus que construit, schématique plus que dépeint. Emettre des tss, et des bruits peu amènes tout en avançant que Bruen ne s'est pas foulé, et qu'il nous torche son truc vite fait.

 

Mais l'air de rien, sous ses airs de cartoon halluciné, le bouquin nous emmène tranquillement où il veut, et nous laisse au final sur une belle petite pirouette.

On y croise avec plaisir Taylor, en oracle imbibé, saluant le départ de Shea avec pinte, tremblotte, et perspicacité.

 

Ce qu'il y a d'injuste avec le talent, c'est qu'un mauvais Bruen un jour de colique, vaut toujours plus que son pesant de cacahuètes. On n'y peut rien, et n'étant pas moi-même un détracteur de Bruen, je ne peux que me réjouir de cette folle, mais trop courte virée du côté de Brooklyn.

 

Que dire d'autre?

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 14:16

Simon.gifDan Reles est juif et flic à Austin. Ce qui n'est pas facile tous les jours. Sa femme est alcoolique, son fils est traumatisé. Le rêve américain dans toute sa splendeur, car cette belle petite famille emménage tout juste dans les beaux quartiers.

 

Papa Reles décide alors de leur rendre visite à l'improviste. Au volant d'une Oldsmobile volée à un maquereau mort, un tuyau d'échappement planté dans la gorge, et en compagnie d'Irina, une prostituée en cavale. La surprise quoi.

 

Vingt ans qu'ils ne s'étaient pas vus. Reles sénior était homme de main pour la mafia, chauffeur parfois, encaisseur souvent, ex-taulard et ancien boxeur. Un pedigree fort peu reluisant pour un flic de la crim'. Pourtant, Dan ne se sent pas de tourner le dos au paternel. Celui-ci est vieux, aux abois, et poursuivi par Zelig, "le dernier juif debout", un caïd de la vieille école. Les Reles vont devoir se serrer les coudes, car pour récupérer la fille, Zelig est prêt à tout. Avec ses sbires, des flingues, et de quoi faire péter quelques immeubles, il mettra la ville à feu et à sang. A plus de 70 balais, il a survécu à tout, sans jamais craindre personne. Zelig est cintré, il ira jusqu'au bout. Ce n'est plus une vendetta, c'est une guerre. Les Reles auront besoin du F.B.I. , et de toutes leurs ressources pour survivre aux prochaines quarante-huit heures.

 

Ce roman fait partie des "Chroniques du Texas", inaugurées par Dirty Sally, où nous faisions la connaissance de Dan Reles, d'Austin et de sa brigade criminelle. Situé dans les années 90, ce dernier volet en date est à mon goût. Il est crade, violent et agité. Au pays de l'oncle Sam, pour la rédemption, ou tout simplement pour ne pas perdre la face, nos personnages joueront toutes leurs cartes, jusqu'au dénouement.

 

Tonton Ellroy nous en dit que: "le style de Simon est aussi fascinant que ses personnages".

C'est maintenant à vous de voir si vous êtes d'accord avec lui.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 18:22

Peace-1980.gifJ'ai envie de dire, Peace, man. Ha, ha. Je suis taquin. Car je sais que rien dans ce bouquin ne l'est particulièrement.

 

Leeds sous la pluie, trois ans de plus. L'éventreur, encore. Plus d'une dizaine de corps derrière lui. La police ne patauge plus, elle sombre. C'est pourquoi on décide en haut lieu de mander Peter Hunter, l'incorruptible de la police de Manchester pour enquêter sur les enquêteurs.

 

Revenir encore et encore sur les listes, les noms, dates et lieux. Les témoins, leurs témoignages, les flics, leurs rapports. Hunter et son équipe ont du travail jusqu'aux yeux, et la police voit d'un très sale oeil que l'on touche à son linge sale. Paranoïa, violence à peine contenue. Dissimulation. La maison de Hunter est incendiée. Les ripoux, comme les cafards s'agitent, puis s'entre-dévorent. Pornographie encore. 

 

Des meurtres qui ne cadrent pas avec le reste. Hunter est soupçonné, puis discrédité. Se déroule encore la longue et dure litanie des horreurs. Chaque nouveau paragraphe voit s'ouvrir une page simple sans interligne, police d'un format inférieur, sans ponctuation. Logorrhée de mots, de crimes, de pensées et de souvenirs, l'éventreur est mis en scène.

 

Hunter resserre l'étau, malgré les coups, malgré les pertes. Des noms émergent, des relations, un appartement, du matériel de studio pour des photos, un magazine, des hommes d'affaires. Encore.

 

La piste de l'éventreur refroidit peut-être, mais la police sent le roussi.

 

Comme dans le cas des deux autres volets du quartet de Peace, l'écriture est sèche et dure, répétitive à outrance parfois. C'est toujours narré par un seul personnage. Ici l'enfer n'est pas l'autre mais soi. Nous sommes enfermés derrière le crâne de Hunter, et à sa suite nous tournons en rond, comptant les morts, les erreurs, les voies sans issue.

 

Certains passages sont quasi conceptuels, le langage devient, au même titre que le message qu'il porte, partie prenante du roman. C'est plus que particulier, c'est plus que noir, c'est toujours nauséabond.

 

Cet avant-dernier roman de la série, me fait attendre l'âchèvement avec impatience. Comment Peace va-t'il dénouer tous ses fils? Va-t-il conclure une saga ou trancher dans le vif?

 

C'est à voir, 1983 attend sagement que je vienne le découvrir.

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 19:02

longmire is backLe Craig Johnson nouveau est arrivé! La deuxième enquête de mon cher Longmire est disponible. Walt is back. Je dis enfin, je dis yes, je dis hourra!

J'insiste lourdement, mais je suis rudement content.

 

Je retrouve avec plaisir toute l'équipe du comté d'Absaroka dans le Wyoming. Le shérif, ses adjoints, son adjointe, sa nouvelle recrue, et le chien, rescapé du premier opus. 

 

Il fait - 6 degrés, des Big Horns Mountains, un vent glacial déferle, et Mari Baroja, résidente basque de la maison de retraite locale vient de s'éteindre. Un décès sans surprise. 

 

C'est sans compter Lucian Connally.

Octogénaire coriace et accessoirement ancien constable du comté, il traîne au standard du shérif sa jambe de bois et le reste. Fort en gueule, genre crocodile, d'une voix de stentor il hurle:

C'est un meurtre!!

 

Et notre quintal étoilé favori de lancer la machine policière.

Pour céder aux caprices d'un vieillard sénile? La question se pose...

 

La famille Baroja a des avocats belliqueux, beaucoup de bijoux, elle s'insurge donc.

Mais Lucian cache de nombreux secrets, et Longmire se doit de creuser.

 

C'est bientôt l'hécatombe, coups de feu, agressions, meurtres, disparitions.

Un mois à peine après ses derniers déboires, notre héros et son ami Cheyenne, Standing Bear reprennent du collier.

 

Autour des Barojas, fratrie basque bien allumée, plane l'ombre d'un héritage plus que mirobolant. Des millions de dollars, car des gisements de méthane sont exploités sur les terres de Mari. Quelques squelettes, plusieurs placards, et c'est tout le passé de Lucian qui resurgit...

 

C'est toujours écrit superbement. C'est toujours très humain. C'est toujours très bien.

 

Tony Hillerman en convient également, il dit simplement: Ne passez pas à côté.

Je pourrais renchérir, mais à quoi bon, l'essentiel a été dit.

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 17:29

A chaque pupitre, on voit des ânes,

Faisant les pitres, lorsqu'ils ricanent,

D'abord en coin, du bout des lèvres,

A gorge ouverte, lorsqu'ils se lèvent,

 

Et braient. Un vent de sottises

Volète, idiot, aux paperasses,

Où l'ennui soufflant sa braise,

Incendie les feuilles, qui s'entassent.

 

Dehors, car il y a toujours un dehors,

Aux murs des cachots,

Où, prisonniers dans les fers,

Et gardiens falots,

 

S'échinent, plus que ne dansent.

Pourtant, à cette cadence,

D'un bout de chanson à l'autre,

Qui de l'élève ou du maître,


Au ciel qui compte nos heures

A l'oeil qui désespère?

Et derrière le carreau

En verre tel un goulot,

 

Savons-nous, l'ivraie du grain,

Qui, du cancre ou du saint?

Lorsque tous vont,

Courber le front,

 

Psalmodier ces mêmes mots,

Ressasser, inlassables,

Les juges, les coupables,

Les trop tard et les trop tôt?

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 17:15

peace-1977.gifTrois ans plus tard, Leeds encore. L'éventreur du Yorkshire massacre. La police piétine. La tension est à son paroxysme.

 

Whitehead le journaleux arriviste et alcoolique est de retour.

Tant bien que mal, et plutôt mal que bien. Entre les bitures et les cauchemars, peu de répit. La femme qu'il aimait est morte assassinée, un clou dans le crâne, lors d'un exorcisme amateur.

 

L'inspecteur Frasier a une femme et un petit garçon, mais voue une passion torride et destructrice à une fille de joie locale.

 

L'éventreur, quant à lui, est en guerre, il veut éradiquer la prostitution. Armé d'un marteau et d'un tournevis, il laisse derrière lui les restes macabres de ses victimes. Il noue avec la police un étrange dialogue. Lettres, cassettes. Un émule du célèbre Jack, ou le plaisir du chat et de la souris.

 

Des flics touchent au racket, s'engraissent grâce au porno, faussent certains résultats pour dissimuler leurs magouilles, et sont prêts à tout pour ne pas tomber.  

 

Frasier est entraîné toujours plus bas... 

 

Mensonges, meurtres, et une enquête plus qu'éprouvante. Rien ne va plus mes amis. La triste Albion est chauffée à blanc, canicule, émeutes, chômage. A l'approche de la célébration du Jubilé, que restera-t-il à fêter? Rythmé par des extraits radiophoniques d'époque, et par les infos de l'année, le roman se lit à la première personne comme 1974.

 

Les narrateurs nous enferment dans leur vision des événements. Staccato de mots, de sensations, cauchemars et déprimes, nous avançons au gré des oeillères de nos héros. C'est souvent étouffant, la pression ne retombe guère, les vérités sont parcellaires et confuses.

 

De 1974, quelques échos résonnent encore. Le mal a de nombreux sons de cloche.

Dunford a disparu, et de son travail nous n'avons plus de nouvelles. Uniquement son dernier tour, dans le genre règlement de comptes à OK Corral. Et encore. L'information est manipulée, le public maintenu dans l'ignorance, à peine quelques lignes dans un quotidien jauni. Une chambre d'hôtel demeure seule détentrice de ces noirs secrets. 

 

Peace poursuit son exploration du cloaque. Chaque roman entrant dans un cercle un peu plus vaste que le premier, happant le lecteur qui s'y laisse prendre, pour le mener vers quel dénouement?

 

Mystère, 1977 m'incite seulement à me plonger dans 1980. La curiosité est un bien vilain défaut.

 

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Plusieurs cordes...

... A mon arc?

Mon beau-père, paix à son âme,  me disait souvent qu'un touche-à-tout,  n'était bon nulle part, mais mauvais en tout!

Ce bon sens,  un peu terre à terre m'a toujours fait sourire.

Pas forcement pour les raisons auxquelles l'instigateur du proverbe pouvait songer!

Le dilettantisme est une forme d'art que la morale méprise. Et bien, si se consacrer aux arts,  par pur et simple plaisir de la chose est un crime, sachez que je suis un criminel.

Je réflechissais à tout cela, car mon ouvrage informatique, s'il colporte honnêtement mon amour du polar, vous déroutera  peut-être  par ses vélléités poétiques.

Mea culpa mes amis. La faute m'en incombe, et je vais tenter de m'expliquer...

J'en reviens à cette superbe maxime à l'origine de ce texte, et,  j'ai envie de lui assener cette autre pépite du genre: Ne s'attendre à rien, c'est être prêt à tout!

C'est ainsi, avec cette toute orientale tournure d'esprit que j'ai conçu cet espace.
Je laisse aux mots, toute lattitude pour prendre la parole...

J'espère, bien sincèrement que vous apprécierez mon outrecuidance, et que mes errements ne vous lasseront pas! Ou alors, pas tout de suite!

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